Détention de Mathias Depardon en Turquie : il n'y a "aucun signe positif émis par le gouvernement turc" sur sa libération

Pour le journaliste et ancien correspondant du Monde en Turquie, Guillaume Perrier, "quand on voit les déclarations des dirigeants turcs des derniers jours, c'est assez inquiétant".

Un portrait du photojournaliste Mathias Depardon, le 7 juin 2017.
Un portrait du photojournaliste Mathias Depardon, le 7 juin 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Depuis un mois, le photojournaliste Mathias Depardon est incarcéré en Turquie. La police turque lui reproche de travailler sans accréditation, délivrée par les autorités turques. Un comité de soutien s'est réuni et a manifesté mercredi 7 juin à Paris pour réclamer sa libération.

Guillaume Perrier, journaliste et ancien correspondant du Monde en Turquie, est plutôt pessimiste sur une libération prochaine de son confrère. "Concernant sa libération, malheureusement il n'y a pour l'instant aucun signe positif émis par le gouvernement turc. Je dirais même au contraire : quand on voit les déclarations des dirigeants turcs des derniers jours, c'est assez inquiétant", a-t-il confié mercredi 7 juin sur franceinfo.

La France doit réaffirmer "certaines valeurs démocratiques"

Au cours du week-end, le président Emmanuel Macron a joint par téléphone son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan pour accélérer la libération de Mathias Depardon. La question avait déjà été abordée lors d'une précédente rencontre au sommet de l'OTAN en mai. "Les deux interventions d'Emmanuel Macron n'ont pas été inutiles. Ça a permis deux visites consulaires déjà, ça permettra sans doute la visite de la maman de Mathias demain à Gaziantep. Donc ça lui permet au moins de recevoir des visites et de ne pas être coupé du monde", a précisé Guillaume Perrier, en évoquant l'isolement et l'incertitude de son confrère.

"Je crois qu'il est temps, pour la France notamment, de dire les choses de manière un peu plus précise, de réaffirmer certains principes, certaines valeurs démocratiques, rappeler que la liberté de la presse est une ligne rouge, explique Guillaume Perrier. Les relations franco-turques ne peuvent pas permettre l'emprisonnement de journalistes de manière illégale et inadmissible, comme c'est le cas avec Mathias Depardon. Mathias est, en plus, un photojournaliste parfaitement innocent. Je dirais que c'est la victime la plus innocente qu'ils aient pu trouver pour remplir ce rôle de prétendu terroriste", a dénoncé l'ancien correspondant du Monde.