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Assassinat de l'ambassadeur russe en Turquie : "Cela jette une inquiétude sur la fiabilité même de l’État turc"

L'ambassadeur russe en Turquie a été assassiné lundi à Ankara par un homme présenté comme étant un policier turc. Pour Jean Marcou, spécialiste de la Turquie, cet événement met en doute "la fiabilité de l'État turc" et "la confiance" entre les deux pays.

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Radio France
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Andrei Karlov, l'ambassadeur russe en Turquie, le 19 décembre 2016, jour de son assassinat à Ankara (BURHAN OZBILICI / AP/ SIPA)

L’ambassadeur russe en Turquie, Andreï Karlov, a été tué de plusieurs balles lundi 19 décembre à Ankara, lors de l’inauguration d’une exposition dans une galerie d’art. "L'auteur du meurtre était un jeune policier recruté en 2014 à l’académie de police d’Izmir", explique Jean Marcou, professeur à Science Po Grenoble et spécialiste de la Turquie : "L’un des éléments les plus frappants, c’est que cette attaque soit partie de l’intérieur même de l’État turc et des forces de police turques."

Russie et Turquie, des relations complexes

"C’est la première fois qu’un ambassadeur est tué en Turquie dans l'une des zones les plus sécurisées de Turquie : le quartier des ambassades, au centre d’Ankara, analyse Jean Marcou. Cela jette une inquiétude sur la fiabilité même de l’État turc, dont les administrations ont fait l’objet de multiples purges, notamment ces derniers mois, après la tentative de coup d’État de juillet 2016."

Pour ce spécialiste de la Turquie, "c’est la Russie, partenaire complexe de la Turquie" qui est visée. Jean Marcou rappelle que les relations entre les deux pays ont connu des hauts et des bas en 2016 : "Il y a un peu plus d’un an, la Turquie avait abattu un avion russe qui écornait son espace aérien... Ce qui ne les a pas empêchés ces dernières semaines de travailler ensemble et de jouer un rôle dans les négociations pour l’évacuation des civils d’Alep et pour un règlement du conflit syrien."

La mort de l'ambassadeur russe est intervenue à la veille d’un sommet tripartite, qui réunit mardi à Moscou la Turquie, le Russie et l'Iran. Selon Jean Marcou, cet assassinat "va resserrer les relations entre les deux pays dans les prochaines heures", mais aussi les amener "questionner leur confiance mutuelle".

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