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A Istanbul, la lecture du Coran dans Sainte-Sophie suscite la polémique

Le Premier ministre turc a autorisé la lecture du Coran dans la basilique-musée de Sainte-Sophie pendant le ramadan alors que cette ancienne basilique est devenue mosquée en 1453 lors de la prise de la ville. En 1934, Mustafa Kemal avait décidé d'en faire un musée. A plusieurs reprises, le gouvernement islamiste modéré a exprimé le souhait de voir Sainte-Sophie redevenir un lieu de culte.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Sainte-Sophie vue du Bosphore, à Istanbul. (ANTOINE LORGNIER/AFP)

En 2013 déjà, son vice-Premier ministre, Bülent Arinc, avait provoqué une polémique en exprimant son «espoir de voir la basilique Sainte-Sophie redevenir une mosquée». L'an dernier, l'inauguration d'une exposition sur le Prophète avait débuté par la lecture du livre sacré, une pratique qui n'avait plus cours depuis 85 ans, rappelle le site Zaman.

Un député de l'AKP a justifié cette décision sur Twitter: «Les Etats-Unis aident le Parti travailliste kurde et l’Allemagne se raccroche aux mensonges sur le génocide, il n’y a plus d’amitié. En retour, Sainte-Sophie doit être ouverte aux prières».

Athènes et Washington ont critiqué cette initiative. La capitale grecque, haut lieu de l’église orthodoxe, a dénoncé une «attitude anachronique» et des «obsessions, confinant à la bigoterie, avec des rituels musulmans, dans un monument faisant partie de l'héritage culturel mondial, qui sont incompréhensibles et qui révèlent un manque de respect pour la réalité».
 
Washington, cité par le journal grec Ekathimerin, a fait état de sa désapprobation avec la décision turque. 

Pour de nombreux Turcs, le statut de musée de l'ancienne mosquée, qui trône dans le vieux quartier de la Corne d'Or à Istanbul, symbolise la laïcité imposée par la République kémaliste. Une laïcité qui n'est pas toujours totalement acceptée par le pouvoir de l'AKP et son leader, Erdogan.


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