Turquie : le double attentat-suicide a fait 95 morts, le pays en deuil

Le Premier ministre l'affirme : il y a de "fortes preuves" que deux kamikazes aient mené les attentats. Pointés du doigt, l'Etat islamique, le PKK et un parti d'extrême gauche. Et Ahmet Davutoglu d'annoncer trois jours de deuil national. En soirée, le Premier ministre a annoncé que le bilan s'était alourdi, à 95 morts et 250 blessés.

(Le double attentat d'Ankara est le fait de kamikazes, selon le Premier ministre © SIPA/AP/Burhan Ozbilici)

Ce devait être une manifestation pour la paix. Organisée par l'opposition pro-kurde, à trois semaines des élections législatives anticipées. Elle s'est achevée dans un bain de sang. Deux explosions ont fait au moins 95 morts - le bilan s'est alourdi en soirée, a annoncé le Premier ministre - et 246 blessés, dont 48 se trouvaient toujours en soins intensifs ce samedi soir.

Et ces explosions ne sont pas innocentes. "Il existe de fortes preuves montrant que cette attaque a été perpétrée par deux kamikazes" , a déclaré le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, lors d'une conférence de presse. "Cette attaque n'a pas seulement visé un groupe de gens qui venaient participer à un rassemblement ou une communauté politique, elle a visé notre peuple tout entier, alors que nous allions vers les élections (...) une telle attaque a directement visé notre démocratie, nos droits et nos libertés"

 Et le chef du gouvernement d'ajouter que, pour l'instant, aucune revendication ne lui était parvenue. Mais il a cité trois organisations capables, à ses yeux, de commettre un tel attentat : l'Etat islamique, le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan, et le groupe révolutionnaire d'extrême gauche, le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). L'enquête se poursuit, a-t-il ajouté.

Trois jours de deuil national

D'ici là, le pays est en deuil. Le Premier ministre a annoncé trois jours de deuil national.

Et les condamnations viennent de toute part 

Washington condamne une attaque "horrible" : "le fait que cette attaque ait eu lieu avant un rassemblement pour la paix souligne la perversion de ceux qui sont responsables" . Dans la soirée, Barack Obama en personne a téléphoné au président Recep Tayyip Erdogan pour lui présenter ses condoléances, "sa plus profonde et personnelle compassion à ceux qui ont été tués et blessés dans ces attaques terroristes odieuses" .

Pour sa part, François Hollande a condamné "l'odieux attentat terroriste". Et Manuel Valls d'enchaîner :