Tunisie : le Premier ministre Ali Larayedh remet sa démission

Le Premier ministre Ali Larayedh a annoncé jeudi avoir remis sa démission. Elle intervient après un accord politique avec l'opposition destiné à sortir la Tunisie d'une longue crise politique. C'est Mehdi Jomaâ qui sera chargé de former un gouvernement. 

(Zoubeir Souissi Reuters)

Le Premier ministre
islamiste tunisien Ali Larayedh a démissionné jeudi pour laisser place à un
gouvernement intérimaire chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'à des
élections, dans le cadre d'un compromis passé avec l'opposition.

"Je viens juste de
présenter ma démission au président
" a-t-il dit à la presse. "Le
président (Moncef Marzouki) nommera rapidement le nouveau Premier ministre
Mehdi Jomaâ et il présentera son nouveau gouvernement dans les prochains
jours
." Mehdi Jomaâ, ministre sortant de l'Industrie, va devoir conduire le
pays vers des élections annoncées pour cette année.

Dans le même temps la
Constituante a introduit le concept de parité
homme-femme au projet de
Constitution. Un texte rare dans le monde arabe. Lundi, la Constituante avait déjà
inclus un article
d'ordre général reconnaissant que "tous les citoyens et
les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant
la loi sans discrimination aucune
".

Contexte tendu

Cette démission
intervient dans un contexte tendu. À Tataouine, dans le sud de la Tunisie, l'armée
a tiré en l'air et la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une
manifestation. Depuis deux jours, des
Tunisiens protestent dans plusieurs villes pour protester contre de nouvelles
redevances sur des véhicules. Juste avant sa démission, Ali Larayedh a annoncé
la suspension de ces nouvelles taxes.

"Pour ne pas donner de chance au terrorisme et aux groupes
criminels, après concertations avec les ministres, nous avons décidé de
suspendre la mise en œuvre des taxes concernant les transports privés, de
marchandises, de personnes et pour l'agriculture
", a détaillé Ali Larayedh.