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Trois collaborateurs du président déchu Ben Ali ont été arrêtés dimanche, de même que le patron d'une chaîne télé

Abdallah Kallel, président du Sénat et ex-ministre de l'Intérieur de Ben Ali, de même que deux des conseillers du président en fuite, ont été placés en résidence surveillée, a annoncé dimanche l'agence TAP.Le propriétaire de Hannibal TV, Larbi Nasra, a été arrêté avec son fils pour "trahison" et pour avoir "travaillé au retour" de Ben Ali.
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France Télévisions
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Abdallah Kallel, ex-président du Sénat et ancien ministre de l'Intérieur de Ben Ali, placé en résidence surveillée. (AFP - Fethi Belaid)

Abdallah Kallel, président du Sénat et ex-ministre de l'Intérieur de Ben Ali, de même que deux des conseillers du président en fuite, ont été placés en résidence surveillée, a annoncé dimanche l'agence TAP.

Le propriétaire de Hannibal TV, Larbi Nasra, a été arrêté avec son fils pour "trahison" et pour avoir "travaillé au retour" de Ben Ali.

Les trois proches collaborateurs de Ben Ali placés en résidence surveillée sont: Abdallah Kallel, président du Sénat et ancien ministre de l'Intérieur, Abdel Aziz Ben Dhia, conseiller de Ben Ali et l'un des architectes de sa politique, et Abdel Wahab Abdallah, ministre-conseiller à la présidence qui avait la haute main sur l'information et était "recherché par les services compétents".

Jusqu'ici, le sort de ces responsables de l'ancien régime faisait l'objet de rumeurs contradictoires, certaines évoquant leur arrestation et d'autres leur fuite.

Ces trois personnalités faisaient partie des instances dirigeantes de l'ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), dont les manifestants exigent chaque jour la dissolution.

MM. Ben Dhia et Abdallah ont été radiés le 18 janvier du bureau politique du RCD, une mesure destinée à donner une nouvelle virginité à cette formation historique qui a lutté pour l'indépendance et qui a été ensuite mise sous la coupe de Ben Ali.

Le patron d'une chaîne télé arrêté
Par ailleurs, le propriétaire d'une station privée de télévision tunisienne et son fils ont été arrêtés pour "trahison" pour avoir encouragé la violence et travaillé pour le le retour du président déchu Zine Ben Ali, a rapporté dimanche TAP.

"Le propriétaire de Hannibal TV (Larbi Nasra), qui est apparenté à l'épouse de l'ancien président, se sert de la station pour faire avorter la révolution de la jeunesse, semer la confusion, inciter aux dissensions et diffuser de fausses informations", écrit l'agence en citant une source autorisée.

"Le but est de créer un vide constitutionnel, de ruiner la stabilité et d'engager le pays dans un tourbillon de violence qui ramènera la dictature de l'ancien président."

Les émissions de Hannibal TV ont été interrompues plusieurs heures dimanche. Le ministre Nejib Chebbi, issu de l'ancienne opposition au régime Ben Ali, est intervenu pour garantir la reprise des émissions en présentant ses excuses au nom du gouvernement pour l'interruption.

Cette arrestation pose question
Pour Saleh Attia, éditorialiste au quotidien Assabah, les mesures prises contre Hannibal TV visent "à barrer la route à ceux qui, dans la rue, veulent la chute du gouvernement. Ils ont peur de ces manifestations, qui se sont étendues à d'autres provinces et atteignent maintenant les bureaux du Premier ministre", a-t-il dit.

Attia souligne que même si Nasra était apparenté à Leila Trabelsi, l'épouse de Ben Ali, il n'était pas considéré pour autant comme un homme du régime. "Pourquoi font-ils ça tout d'un coup?", s'interroge-t-il.

Enquête ministérielle sur des policiers soupçonnés d'un passage à tabac
Le ministère de l'Intérieur tunisien a annoncé par ailleurs dimanche soir l'ouverture d'une enquête visant des policiers accusés par un jeune de l'avoir passé à tabac. Cette annonce rompt avec l'impunité dont jouissaient les policiers sous le régime du président Ben Ali.

La victime, un jeune, avait témoigné sur l'antenne de la télévision nationale avoir été passé à tabac le 20 janvier par des policiers lui reprochant d'avoir diffusé des informations sur le réseau social Facebook, qui a joué un rôle d'information crucial pour le soulèvement populaire tunisien.

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