Internet : en 2017, les demandes de retrait de contenus à caractère terroriste et pédopornographique ont explosé

La police a adressé plus de 35 000 requêtes aux acteurs du web, contre seulement 2 500 en 2016. Soit une augmentation de 1 000%.

Le siège de la Cnil, à Paris, le 16 avril 2015.
Le siège de la Cnil, à Paris, le 16 avril 2015. (MAXPPP)

Les demandes de retrait de contenus à caractère terroriste et pédopornographique adressées par la police aux acteurs d'internet ont explosé en France en 2017. Au total, 35 110 demandes de retrait (dont 93% concernant des contenus à caractère terroriste) ont été comptabilisées en 2017, contre seulement 2 561 en 2016. Soit une augmentation de 1 270%, précise le rapport annuel de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) présenté mercredi 30 mai.

D'après un responsable de la Cnil, cette explosion est notamment due à la hausse du nombre d'enquêteurs – de 2 à 6 personnes – au sein de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication, chargés de formuler ces demandes de retraits. D'autant que ces policiers sont désormais en capacité de traquer les "sites miroirs" (des copies des sites originaux), qui peuvent représenter plusieurs centaines de supports pour un même contenu.

Le nombre de contenus effectivement retirés du web n'a en revanche pas suivi pas la même tendance : 7 724 contenus ont été retirés en 2017, contre 2 305 en 2016. Et 763 sites ont été bloqués (dont 83 à caractère terroriste), contre 874 l'année précédente. Le rapport n'explique pas pourquoi les policiers ne procèdent pas systématiquement au blocage si les contenus à caractère terroriste ou pédopornographique ne sont pas retirés des sites.