Centre de déradicalisation de Beaumont-en-Véron : 150 riverains réclament sa "fermeture immédiate"

Le sort du centre devrait se jouer dans les prochaines semaines. Les élus locaux ont réclamé, vendredi, un moratoire "d'au minimum un mois" pour "tout remettre sur la table".

Le centre de déradicalisation de Pontourny à Beaumont-en-Veron (Indre-et-Loire), le 22 octobre 2016.
Le centre de déradicalisation de Pontourny à Beaumont-en-Veron (Indre-et-Loire), le 22 octobre 2016. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Environ 150 personnes ont manifesté, samedi 11 février, à Beaumont-en-Véron, devant le centre de déradicalisation de Pontourny (Indre-et-Loire), pour réclamer sa "fermeture immédiate". Les riverains ont brandi des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les slogans : "Cazeneuve, Le Roux, démission !", "Pontourny, ça suffit !" ou encore "Jihadiste = danger".

Décrié par les riverains et actuellement vide, ce centre est le seul de ce type en France. Son sort devrait se jouer dans les prochaines semaines, les élus locaux ayant réclamé vendredi un moratoire "d'au minimum un mois" pour "tout remettre sur la table".

La municipalité en faveur d'une fermeture du centre

Prévu pour 25 à 30 jeunes "volontaires en voie de radicalisation", le centre en a reçu "un maximum de neuf" depuis son ouverture le 1er juillet 2016, selon le maire de Chinon, Jean-Luc Dupont (Les Républicains). Condamné notamment pour violences, le dernier pensionnaire a quitté la structure cette semaine.

Une délégation a été reçue à la mairie. A cette occasion, le premier adjoint au maire, Vincent Naulet, a rappelé que "lors du dernier conseil municipal, la municipalité s'est prononcée pour la fermeture du centre car l'Etat n'a pas respecté ses engagements. Le moratoire est une bonne chose qui permet de donner le temps de la réflexion".

"Je peux vous dire que ce centre va rester ouvert"

Mais pour Catherine Bideau, porte-parole de l'association Radicalement Digne de Pontourny, l'évaluation est déjà faite : "Nous demandons la fermeture immédiate du centre. Nous avons eu des profils dangereux, radicalisés. Ce qui est contraire à ce qui avait été annoncé par l'Etat. On ne veut pas de moratoire. Ça ne servira à rien."

Vendredi, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a pourtant écarté la fermeture de Pontourny. "Je peux vous dire que ce centre va rester ouvert", a-t-il déclaré sur Europe 1. "Localement, il n'y a jamais eu aucun problème avec ce centre", a-t-il assuré en annonçant "une évaluation à la fin du premier semestre". Il a ajouté avoir "demandé au préfet de donner de nouveaux cas pour pouvoir le remplir".