Cet article date de plus de cinq ans.

Syrie: les Américains construisent des bases aériennes dans les zones kurdes

Sur fond de trêve fragile et de pourparlers de paix incertains sur la Syrie, des informations persistantes, font état de la construction de bases aériennes américaines en zones kurdes syriennes. Relancées par un site kurde elles avaient été révélées par l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Relayées par des responsables sécuritaires syriens, elles sont chaque fois démenties par le Pentagone
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Six chasseurs-bombardiers américains F 16 stationnés sur la base turque d'Incirlik le 9 août 2016, après le feu vert du président Erdogan, pour participer aux frappes contre l'organisation de l'Etat islamique. (SR. AIRMAN MICHAEL BATTLES/US AIR FORCE/AFP)
Relayées par l’agence britannique Reuters, l’agence russe Sputnik ou le compte tweeter de la chaîne qatarie Al-Jazira, des informations diffusées par le site kurde Basnews révèlent que les Etats-Unis construisent deux bases aériennes dans les zones kurdes de Syrie.
 
Citant un responsable militaire des Forces démocratiques de Syrie, une coalition de forces laïques et démocratiques, musulmanes et chrétiennes, arabes et kurdes, Basnews affirme que les Américains ont pratiquement achevé la construction d’une piste d’atterrissage à Rmeilan dans la province riche en pétrole de Hassaké.

La base de Rmeilan «quasi-prête» à accueillir des avions de combat américains 
En janvier 2016, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) avait déjà révélé que cette base, située au nord de la Syrie, à proximité des frontières de la Turquie et l’Irak et sous contrôle kurde, avait été élargie et qu’elle était «quasi-prête» pour accueillir, après les hélicoptères, des avions de combat américains.
 
Par ailleurs, une autre base est en chantier au sud-est de Kobané, près de la frontière turque. Elle serait aménagée sur un espace de 35 hectares, à un emplacement stratégique entre cette ville, libérée par les unités de protection du peuple kurde (YPG) des jihadistes de Daech en janvier 2015, et l’Euphrate.
 
Selon la même source, plusieurs dizaines d’experts et de techniciens américains sont impliqués dans ces projets. Fin janvier, Brett McGurk, un représentant spécial de Barack Obama s’est même posé par hélicoptère sur la base de Rmeilan pour se rendre en zone kurde et évaluer les progrès de la lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique.

La présence d'effectifs américains en Syrie n'est pas un secret, selon le Pentagone 
«Nous ne construisons ni ne nous servons de bases aériennes en Syrie, a démenti le porte-parole du Pentagone, ajoutant, «le fait que nous ayons des effectifs là-bas, que nous ayons effectué des livraisons là-bas et que celles-ci doivent bien y arriver par un moyen ou un autre n’est pas un secret, mais n’allons pas faire de commentaires sur ces moyens ».
 
Même démenti du porte-parole du Centcom, le commandement central chapeautant les opérations militaires américaines dans la région, affirmant que les forces américaines ne contrôlaient aucune base aérienne en Syrie.
 
Le 30 octobre 2015, le président Obama avait annoncé, à contre-courant de sa stratégie de désengagement de la région, le déploiement d’une cinquantaine de membres des forces spéciales dans le nord de la Syrie. Leur mission : appuyer sur le terrain les raids aériens contre le combattants de Daech.
 
Une décision annoncée le jour même où se tenait à Vienne une conférence internationale sur le conflit syrien, en présence de l’Iran.

Des révélations à l'approche de la reprise des pourparlers de Genève sur la Syrie 
Fuites programmées pour accentuer la pression sur les belligérants, ou délibérées pour pousser Washington à s’engager plus, ces informations interviennent à l’approche de la reprise des pourparlers de paix sous l’égide de l’ONU à Genève, déjà reportées du 10 au 14 mars 2016.
.
Sans comparaison possible, elles rappellent cependant que l’engagement de Moscou en Syrie avait commencé par des rumeurs de renforcement de la base russe de Lattaquié, puis l’installation d’une deuxième base aérienne sur l’aéroport d’Al-Charyat près de Homs, avant d’être confirmé dans les faits.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Syrie

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.