Turquie : 186 interpellations pour "propagande" contre l'offensive en Syrie

L'offensive turque visant les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord-est de la Syrie est soutenue par l'ensemble de la classe politique, à l'exception du parti prokurde HDP. 

Des policiers turcs arrêtent un Kurde en marge d\'une manifestation contre l\'opération militaire en Syrie, le 13 octobre 2019 à Istanbul.
Des policiers turcs arrêtent un Kurde en marge d'une manifestation contre l'opération militaire en Syrie, le 13 octobre 2019 à Istanbul. (YASIN AKGUL / AFP)

Les autorités turques ont placé en garde à vue 186 personnes accusées d'avoir fait de la "propagande terroriste" pour avoir critiqué l'offensive turque dans le nord de la Syrie, a indiqué l'agence étatique Anadolu mercredi 16 octobre. Sur ces 186 personnes interpellées depuis le lancement de l'offensive le 9 octobre, 24 ont été formellement placées en détention et 40 relâchées sous contrôle judiciaire, alors que les autres sont toujours en garde à vue.

L'offensive turque, visant les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord-est de la Syrie, est soutenue par l'ensemble de la classe politique, à l'exception du parti prokurde HDP. Les deux coprésidents de ce parti, Sezai Temelli et Pervin Buldan font d'ailleurs l'objet d'une enquête pour avoir qualifié l'offensive d'"invasion".

Les ONG dénoncent l'érosion de la liberté de la presse

Lors d'une précédente offensive contre les YPG l'an dernier, les autorités turques avaient arrêté plusieurs centaines de personnes accusées elles aussi d'avoir fait de la "propagande terroriste" sur les réseaux sociaux. Les ONG dénoncent régulièrement l'érosion de la liberté de la presse et de la liberté d'expression en Turquie sous le président Recep Tayyip Erdogan, en particulier depuis une tentative de putsch en 2016 qui a été suivie d'une répression tous azimuts.