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La Turquie débordée par l'affluence des réfugiés syriens

Trois nouveaux camps vont être montés dans l'urgence en Turquie pour accueillir les 10.000 candidats à l'exil syriens qui patientent tout le long des 900 kilomètres de frontière entre les deux pays. Environ 80.000 réfugiés s'entassent déjà dans les neufs camps existants. Et l'exode continue.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Des réfugiés syriens à proximité du camp de réfugiés de Kilis en Turquie. (ADEM ALTAN / AFP)

Ils sont des milliers de réfugiés massés le long des 900 km de frontières avec la Turquie à vouloir échapper au régime de Bachar al-Assad.

Ils subissent aussi, disent-ils, les raids de l'aviation syrienne qui aurait déjà tué 300 d'entre eux. Un chiffre invérifiable, mais sur la route de l'exil, ces Syriens en sont réduits à manifester pour réclamer le soutien militaire de la Turquie, tant leur patience est à bout. Ils patientent là dans des conditions plus que précaires. La chaleur est accablante, et n'ont souvent pas d'autres possibilités que de dormir à même le sol. Ils attendent, la peur au ventre, que la Turquie veuille bien les accueillir. Car les structures d'accueil sont saturées. Dans quelques jours, si tout va bien, ils pourront passer. Le temps que la Turquie construise de nouveaux campements.

Du côté turque, on s'affaire pour les loger 
Trois nouveaux camps sont montés à la hâte : 30.000 réfugiés seront accueillis graduellement, mais les autorités turques n'iront pas plus loin. Selon le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, le «seuil d'acceptation» est fixé à 100.000 réfugiés. Car la tension monte, dans et en dehors des camps.

Dans la ville de Kilis, des réfugiés réclament plus de nourriture et d'eau. Le personnel turc du camp parle, lui, de gaspillage et s'étonne que ces gens se plaignent. Pourtant, la climatisation a été coupée et l'eau rationnée dans la journée.

Hors des camps, c'est la population turque qui s'offusque de l'attitude de certains réfugiés. Dans un restaurant, un groupe aurait refusé de payer la note.

Reportage réalisé près de Kilis le 28 août 2012

Mais c'est surtout sur le plan politique que les critiques sont les plus vives. L'opposition turque condamne ouvertement le soutien du gouvernement Erdogan aux rebelles syriens. Et, selon elle, les camps seraient devenus de véritables bases arrières de l'Armée syrienne libre.

Après la Turquie, la Jordanie
La Turquie se dit saturée et, du coup, c'est vers la Jordanie que se porte l'attention. Car selon l'ONU, si les violences continuent en Syrie, c'est 200.000 réfugiés qu'il faudrait accueillir au total, soit le double des réfugiés qui existent aujourd'hui.

La Jordanie, qui compte déjà 10.000 réfugiés, deviendrait de facto une destination prioritaire. Si tout le monde évoque la création en Syrie d'une zone tampon où pourraient s'installer les populations qui fuient les combats, personne n'y croit vraiment. Le pouvoir syrien a déjà rejeté cette hypothèse.

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