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Syrie : retour sur une journée où les Occidentaux ont semblé reculer

Les enquêteurs de l'ONU ont repris ce mercredi leur mission à Damas, tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu à un accord sur une résolution britannique. En France, un Conseil de défense s'est tenu dans la matinée, et le Parlement se réunira en session extraordinaire le 4 septembre. Dans la nuit, Barack Obama a accordé une interview télévisée dans laquelle il dit qu'il ne sait pas encore si les USA allaient intervenir ou non.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Voici les dernières informations, heure par heure, de la situation en Syrie :

00h35  Le Congrès américain presse le président Obama de préciser son plan pour la Syrie. "Il est essentiel que vous fournissiez une explication claire et sans ambiguïté sur la façon dont une action militaire, qui est un moyen et non une politique, permettra d'atteindre les objectifs américains et comment elle s'articule avec votre politique globale ", écrit dans une lettre ouverte John Boehner, l'homme le plus puissant du Congrès.

00h10 Lors d'une inteview télévisée, Barack Obama affirme qu'il n'a "pas encore pris de décision " sur la Syrie . Il rejette même une implication américaine dans la guerre civile syrienne. Le président américain a par ailleurs déclaré que les USA avaient conclu que le régime syrien était responsable de l'attaque chimique. Washington veut dissuader la Syrie d'utiliser à nouveau des armes chimiques a ajouté le président américain.

"Les USA peuvent employer une méthode qui leur éviterait de mener un long conflit comme la guerre en Irak" (Barack Obama)

Pour Barack Obama, des frappes éventuelles seraient "limitées " et ne seraient qu'un "coup de semonce " pour empêcher de nouveaux assauts chimiques.

23h43 Plusieurs pays d'Amérique latine se prononcent contre une intervention militaire en Syrie. Cuba, l'Equateur, la Bolivie et le Venezuela.

20h35 Les conséquences de cette crise syrienne continuent de se faire sentir. Ainsi le pétrole atteint son plus haut niveau depuis mai 2011 à 110,10 dollars le baril.

20h32 Le gouvernement britannique a expliqué qu'il n'y aurait pas d'action militaire en Syrie avant la présentation des résultats de l'enquête menée par les inspecteurs de l'ONU

20h00 Les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont séparés sans parvenir à un accord sur une résolution britannique justifiant une frappe en Syrie. La Russie et la Chine continuent de rejeter l'option militaire préparée par le Royaume-Uni, les États-Unis et la France. Les discussions doivent se poursuivre, mais un diplomate occidental s'est déclaré "pas très optimiste". 

19h53 Jean-Marc Ayrault a expliqué aux ambassadeurs qu'il "informerait" lui même le Parlement réuni en session extraordinaire le 4 septembre prochain de la situation en Syrie. "La France prendra, le moment venu, les décisions qui s'imposent à la lumière de ses contacts avec ses partenaires internationaux" , a expliqué le Premier ministre. 

17h40 L'Observatoire syrien des Droits de l'Homme affirme que l'armée de Bachar al-Assad se repositionne, en attente d'éventuelles frappes occidentales. "Des dizaines de sièges de commandement militaire et de commandement de brigades sont évacués pour se replacer ailleurs. Ces changements de position ont lieu à Damas, à Homs et Hama, sur la côte méditerranéenne, à Soueida et Deraa au sud " précise Rami Abdel Rahmane, directeur de l'ONG qui s'appuie sur un vaste réseau de militants sur le terrain.

17h20 À son tour, la Turquie place son armée en état d'alerte. "La Turquie prendra toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la protection de ses intérêts propres ", annonce le chef de la diplomatie d'Ankara Ahmet Davutoglu.

16h50 Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Meqdad, discutant avec des journalistes à l'issue d'un entretien à Damas avec la responsable de l'ONU pour le désarmement Angela Kane, affirme que "les groupes terroristes ont fait usage de gaz sarin dans plusieurs points du pays [...] avec les encouragements américain, britannique et français ".

15h57 Une réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (France, États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne) est en cours à New York , pour étudier la résolution présentée par Londres, et annoncée dans la matinée par le Premier ministre britannique David Cameron. Le texte n'a quasiment aucune chance d'être adopté, en raison de l'opposition de la Russie et de la Chine.

15h54 La Syrie sera "le cimetière des envahisseurs " prévient Damas. Le Premier ministre syrien Waël al-Halqi affirme également que les Occidentaux "inventent des scénarios mensongers et préparent des prétextes fictifs pour intervenir militairement en Syrie ".

15h39 À son tour, l'OTAN réagit, par la voix de son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, qualifiant l'usage d'armes chimiques d'"inacceptable ", et comme ne pouvant "rester sans réponse ". Selon lui, Damas "dispose d'un stock d'armements chimiques ". Pour autant, l'OTAN n'envisage pas, pour l'instant, de participer à une éventuelle intervention internationale.

15h02 Ban Ki-moon annonce que les enquêteurs de l'ONU en Syrie ont encore besoin de quatre jours pour terminer leur mission. "Ensuite, les experts devront effectuer des analyses scientifiques, puis nous devrons faire un rapport au Conseil de sécurité afin qu'il prenne les actions qu'il juge nécessaires ", ajoute-t-il. Les experts en armes chimiques sont rentrés à leur hôtel de Damas dans l'après-midi.

14h24 L'armée irakienne est placée en état d'alerte renforcée en cas d'intervention occidentale en Syrie, annonce le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

13h57 Nouvelle réaction internationale : celle de la Belgique. Bruxelles a indiqué ne pas encore être "convaincue " du bien-fondé d'une intervention en Syrie. Le chef de la diplomatie belge a demandé des preuves de l'usage d'armes chimiques. 

13h55 Pendant ce temps, les affrontements continuent à Damas. Les rebelles ont affirmé avoir tiré des roquettes sur le centre de Damas, en indiquant qu'il s'agissait de représailles à une attaque chimique du régime. 

13h49 La Russie continue de montrer son opposition à une intervention en Syrie. Un vice-ministre des Affaires étrangères russe a indiqué que pour la Russie, il était "inopportun" de discuter de toute action du Conseil de sécurité de l'ONU tant que les inspecteurs en Syrie n'avaient pas présenté leur rapport sur l'usage d'armes chimiques. 

13h19 Un haut responsable américain cité par l'Agence France Presse affirme qu'"aucune action militaire ne sera unilatérale ". Washington mènera une action en lien avec ses "alliés internationaux ". En tout cas, le doute quant à la culpabilité du régime de Bachar al-Assad n'est plus permis aux États-Unis, qui disposeraient selon différentes sources d'un enregistrement téléphonique entre officiers de l'armée syrienne qui accréditerait cette thèse.

13h15 Laurent Fabius est le seul à s'exprimer à la sortie du Conseil de défense organisé dans la matinée à l'Élysée. Les consultations et la réflexion continuent, annonce-t-il en substance.

13h00 La radio israélienne annonce que le pays est en train de déployer tous ses missiles de défense par précaution, en cas d'éventuelles représailles du régime de Damas après des frappes occidentales.

12h30 L'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, rappelle que "le droit international est clair à ce sujet [...] Il dit qu'une action militaire doit être prise après une décision du Conseil de sécurité " , ajoutant qu'il sait que "le président Obama et le gouvernement américain ne sont pas réputés pour avoir la gâchette facile ", lors d'une conférence de presse à Genève.

12h20 Durant son point presse hebdomadaire, Najat Vallaud-Belkacem rapporte également que François Hollande a affirmé pendant le Conseil des ministres que "nous devons désormais trouver la riposte appropriée ". Une position déjà présentée lors du discours devant les ambassadeurs mardi.

Dans la foulée du Conseil des ministres, un Conseil de défense s'est ouvert à l'Élysée autour de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, en présence notamment de Manuel Valls (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense) et Laurent Fabius (Affaires étrangères).

12h00 Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement, annonce sur son compte Twitter la tenue d'une session extraordinaire du Parlement le 4 septembre prochain. La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem précise pendant son point presse hebdomadaire que cela "ne préjuge aucunement" d'une intervention française ".

11h20 David Cameron annonce sur son compte Twitter que Londres s'apprête à présenter une résolution à l'ONU "pour protéger les civils" en Syrie. Le texte devrait être présenté ce mercredi.

("Nous avons toujours dit que nous voulions que le conseil de sécurité de l'ONU prenne ses responsabilités sur la Syrie. Aujourd'hui, il a une opportunité de le faire ")

("La Grande-Bretagne a préparé une résolution condamnant l'attaque chimique par Assad et autorisant les mesures nécessaires pour protéger les civils ")

("La résolution sera présentée lors d'une réunion des cinq membres permanents du conseil de sécurité aujourd'hui à New York ")

10h45 Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, appelle les membres du conseil de sécurité des Nations unies à "s'unir afin d'agir pour la paix " . "Nous avons atteint le moment le plus grave de ce conflit " déclare-t-il au cours d'un discours prononcé au Palais de la Paix à La Haye.

10h20 L'Iran, par la voix d'un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par la télévision d'État Press TV, dément les rumeurs selon lesquelles Bachar al-Assad se serait réfugié dans le pays. Par ailleurs, le Guide suprême iranien Ali Khamenei estime que " l'intervention de l'Amérique [serait] un désastre pour la région [...] L'avenir est imprévisible ".

09h30 "Les groupes armés ont utilisé des armes chimiques dans le but d'entraîner une intervention militaire étrangère et une agression contre la Syrie ". Déclaration du représentant de la Syrie à l'ONU, Bachar Al-Ikhbariya, qui affirme également que les Occidentaux et la Turquie "ont permis aux groupes terroristes de créer un laboratoire pour fabriquer des armes chimiques sur le territoire turc avec des matières fournies par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar [...] et de faire entrer ces armes chimiques en Syrie pour les utiliser ".

09h00 Les enquêteurs de l'ONU reprennent leur mission sur les armes chimiques à Damas. Leurs activités avaient été suspendues mardi, faute d'un accord avec les rebelles sur leurs conditions de sécurité.

08h11 Le chef de la diplomatie russe, Sergeï Lavrov, affirme dans un communiqué qu'une solution militaire "déstabilisera" le Moyen-Orient. Il s'est entretenu dans la matinée avec Lakhdar Brahimi, envoyé spécial de la Ligue arabe et de l'ONU en Syrie. La Russie a évacué depuis mardi 116 Russes et citoyens d'anciennes républiques soviétiques. Au moins deux avions ont décollé de Lattaquié.

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