Syrie : mission à hauts risques pour les experts de l'OIAC

Une vingtaine d'experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques décollent ce lundi de La Haye, direction Damas. Ils sont chargés de mettre en action et superviser la destruction des armes chimiques du régime syrien, conformément à la résolution adoptée la semaine dernière par l'ONU. Une tâche compliquée dans un pays en guerre.

(Maxppp)

Une nouvelle étape commence cette semaine en Syrie. Après la validation, vendredi dernier par l'ONU, d'un texte obligeant le régime syrien à détruire son arsenal chimique, les experts chargés de mettre en oeuvre cette résolution sont attendus dans les prochaines heures à Damas. Ils prendront le relais des inspecteurs des Nations unies, revenus en Syrie après la remise de leur premier rapport sur l'utilisation d'armes chimiques par le régime.

Au terme d'un long périple depuis La Haye, aux Pays-Bas, une vingtaine d'experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) doivent atterrir mardi dans la capitale syrienne. Leur travail - inspection des sites indiqués par le régime et rencontres de responsables - commencera immédiatement.

"Rendre les sites de production inutilisables "

Lors d'une conférence de presse organisée dimanche à La Haye, Michael Luhan, porte-parole de l'OIAC, a confirmé que la priorité des experts était de "rendre les sites de production inutilisables ", usant tout simplement de "masse " ou encore de "tank " et d'"explosifs ", en tout cas dans un premier temps. Selon plusieurs sources, le régime syrien aurait à sa disposition plus de 1.000 tonnes d'armes chimiques (gaz sarin, moutarde...)

Mais la principale difficulté réside dans les conditions de travail des experts de l'OIAC. La résolution onusienne oblige le régime à assurer leur sécurité. Le président syrien Bachar al-Assad l'a lui-même confirmé, "bien évidemment ", dans des propos rapportés par l'agence de presse Sana. Dans un pays ravagé par la guerre depuis deux ans et demi, et avec l'interdiction de déplacer les armes chimiques dans un endroit sûr hors de Syrie, la bonne foi du régime s'annonce comme essentielle au bon déroulement de l'inspection menée par l'OIAC.