Syrie : Alain Juppé déclare que le Conseil national syrien (CNS) est "l'interlocuteur légitime"

Des représentants de près de 60 pays "amis de la Syrie", dont le chef de la diplomatie française, sont réunis à Tunis pour "envoyer un message fort" et "faire plier" Bachar al-Assad.

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C'est dans une ambiance tendue que s'est ouverte à Tunis la conférence des "Amis de la Syrie" ce vendredi. Des partisans de Bachar al-Assad, arrivés en cars, ont tenté de prendre d'assaut le Palace Hôtel où sont réunis les participants. Et ont été repoussés à coups de matraque, selon l'AFP. 

Une tentative d'intrusion dehors, tandis que, dedans, Alain Juppé annonçait considérer le CNS comme "l'interlocuteur légitime  [...] le pôle autour duquel doit s'organiser l'opposition ". Le chef de la diplomatie française s'est néanmoins gardé de parler de reconnaissance formelle. Alain Juppé a aussi appelé Damas à permettre l'évacuation des journalistes coincés à Homs, dont la reporter française blessée Edith Bouvier. Le CICR, en négociation avec le pouvoir syrien pour apporter du secours à la population de Homs, dit espérer une "réponse positive ". 
Enfin, Alain Juppé a annoncé que l'Union européenne allait geler les avoirs de la Banque centrale de Syrie à partir de lundi. 

Livraisons d'armes aux rebelles 

Cette conférence co-présidée par le Qatar et la Tunisie réunit les représentants de plus de 60 pays arabes et occidentaux, dont Alain Juppé et son homologue américaine Hillary Clinton, pour pousser le président syrien à mettre fin à la répression sanglante qui s'exerce contre les rebelles depuis un an environ, dans "un message fort et clair ". Le président tunisien Moncef Marzouki et le chef de la diplomatie qatari appellent même au déploiement d'une force arabe de maintien de la paix en Syrie. 

Les rebelles pourtant, plus qu'une ferme déclaration au régime syrien, ou l'ouverture de couloirs humanitaires, réclament de l'aide directe et notamment des armes. Or les "Amis de la Syrie" sont divisés sur cette question. De source interne à l'opposition néanmoins, les pays occidentaux fermeraient déjà les yeux sur des livraisons d'armes venant des exilés syriens à l'étranger. Selon cette source citée par Reuters, entreraient ainsi en contrebande des armes légères, du matériel de communication et des équipements à visée nocturne.