La Russie accorde l'asile à Snowden, les Etats-Unis "extrêmement déçus"

L'homme qui a révélé le scandale d'espionnage des services de renseignement américains a pu quitter l'aéroport de Moscou. Washington réflechit à des mesures de rétorsion. 

Des soutiens d\'Edward Snowden manifestent à Berlin (Allemagne), le 27 juillet 2013.
Des soutiens d'Edward Snowden manifestent à Berlin (Allemagne), le 27 juillet 2013. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Il vivait confiné depuis plus d'un mois. L'ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden a quitté l'aéroport de Moscou-Cheremetievo (Russie), après avoir obtenu une réponse positive de la Russie à sa demande d'asile temporaire, a annoncé son avocat russe, jeudi 1er août. "On vient de lui remettre un document attestant qu'il a reçu un asile temporaire pour un an en Russie", a déclaré Anatoli Koutcherena.

"Je remercie la Russie de m'accorder l'asile en accord avec ses lois et ses obligations internationales", a déclaré Edward Snowden dans son premier commentaire public. "Lors des huit dernières semaines, on a vu l'administration Obama ne montrer aucun respect pour les lois internationales et nationales, mais en fin de compte, la justice a gagné", a-t-il ajouté.

De son côté, la Maison Blanche a vivement réagi : "Nous sommes extrêmement déçus du fait que le gouvernement russe ait pris cette décision malgré nos demandes très claires, et légales, en public et en privé, de voir M. Snowden expulsé vers les Etats-Unis pour qu'il réponde des accusations portées contre lui", a déclaré le porte-parole de l'exécutif américain. Et Washington de s'interroger ouvertement sur l'opportunité de maintenir le sommet bilatéral prévu début septembre à Moscou. Les Républicains ont même demandé des sanctions économiques contre la Russie comme du temps de la guerre froide.

L'ancien consultant de l'Agence nationale de sécurité américaine commence  donc une nouvelle vie au centre des tensions internationales. Qu'est-ce que l'avenir peut bien réserver à l'Américain.

Une vie vraisemblablement cachée...

Edward Snowden, âgé de 30 ans, était bloqué depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport moscovite. Impossible de savoir où va s'installer maintenant l'Américain. Edward Snowden se trouve "en lieu sûr", s'est contenté d'indiquer Anatoli Koutcherena, son avocat. "Le lieu où il se trouve ne sera pas divulgué pour des questions de sécurité, car il est l'homme le plus recherché du monde", a précisé le conseil.

L'avocat a par ailleurs indiqué que l'informaticien avait quitté l'aéroport, seul, en taxi. Une information relayée par la chaîne publique Rossia 24, qui a diffusé une photo censée attester de ces faits. Mais selon le correspondant de France 2 à Moscou, Alban Mikoczy, ce départ de l'aéroport dans la peau de monsieur Tout-le-monde, est peu probable. A francetv info, il explique que le FSB a profité de ces 40 jours en zone de transit pour lui préparer une cache dans un lieu secret, afin d'éviter que les services de renseignement américains ne mettent la main sur leur ressortissant.

Enfin, des "amis américains", qu'Edward Snowden aurait "gagné en Russie", devraient assurer sa sécurité, a encore précisé son avocat. Le site internet WikiLeaks a pour sa part expliqué que le lanceur d'alerte avait quitté l'aéroport "sous la tutelle" de Sarah Harrison, une journaliste britannique spécialisée dans les questions juridiques et proche de l'organisation fondée par l'Australien Julian Assange. 

... mais une vie libre (en théorie)

Cet asile temporaire, accordé pour un an à l'Américain par Moscou, lui permet de se déplacer dans toute la fédération de Russie, a précisé à francetv info Alban Mikoczy, "sans conditions ni restrictions". En théorie, Edward Snowden est donc libre de ses mouvements et de ses paroles. 

Le 24 juillet, son avocat avait par ailleurs déclaré à la chaîne Russia Today que son client avait "l'intention de s'établir ici [en Russie]. Il projette de trouver du travail." Quant à sa première proposition d'emploi rendue publique, elle provient du réseau social le plus populaire de Russie : Vkontakt, l'équivalent russe de Facebook. Son fondateur lui a proposé de travailler pour lui, afin de s'occuper de la protection des données personnelles de ses utilisateurs.