Un eurodéputé ex-FN emploie la fille du porte-parole de Poutine comme stagiaire au Parlement européen

Elizaveta Peskova, étudiante en droit en France, "n'a accès qu'à des données publiques", selon l'eurodéputé Aymeric Chauprade.

L\'eurodéputé (ex-FN) Aymeric Chauprade, le 8 mars 2016 au Parlement européen à Strasbourg.
L'eurodéputé (ex-FN) Aymeric Chauprade, le 8 mars 2016 au Parlement européen à Strasbourg. (FREDERICK FLORIN / AFP)

Une fille du porte-parole de Vladimir Poutine, Elizaveta Peskova, est en stage au Parlement européen, employée par l'eurodéputé Aymeric Chauprade, ancien conseiller pour les affaires internationales de Marine Le Pen. "Elizaveta, fille de Dmitry Peskov, porte-parole de Poutine, a commencé son stage en novembre 2018, qui va s'arrêter fin avril avec la fin de mon activité parlementaire", a déclaré Aymeric Chauprade lundi 25 février. Il confirme ainsi une information divulguée par Radio Free Europe, média privé financé par le Congrès américain.

Rémunérée 1 000 euros par mois, comme tous les autres stagiaires qu'a eus Aymeric Chauprade, Elizaveta Peskova, étudiante en droit en France, "n'a accès qu'à des données publiques", a-t-il ajouté. "Elle n'a pas accès aux débats à huis clos", a-t-il dit, précisant notamment qu'elle ne pouvait pas suivre les travaux de la délégation UE-Russie à laquelle il appartient.

"Pas accès à des documents confidentiels"

Une porte-parole du Parlement européen, Marjory van den Broeke, a confirmé que "les assistants et les stagiaires des eurodéputés n'avaient pas accès à des documents confidentiels". "En réalité, M. Chauprade lui-même n'a jamais eu accès à des documents confidentiels", a-t-elle ajouté. De source européenne, le Parlement européen n'a pas vraiment de documents secrets ou même très confidentiels. Et sur l'intranet du Parlement, il n'y a vraiment rien de très secret.

L'eurodéputée socialiste française Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy s'est cependant déclaré "effarée". "C'est extrêmement choquant. La fille du porte-parole du Kremlin n'est pas n'importe quelle personne", a-t-elle dit. "Je suis surprise que ce recrutement ait été validé par les services du Parlement." Aymeric Chauprade, qui est également membre de la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la "sous-commission sécurité et défense" qui lui est rattachée, a de son côté affirmé : "Il y a zéro sujet au point de vue sécurité défense et conflit d'intérêt".

Aymeric Chauprade a été élu avec le Front national en 2014, puis s'est brouillé avec les dirigeants du parti et est devenu indépendant fin 2015. Il était observateur lors du référendum organisé par Moscou en Crimée après l'annexion de cette péninsule par la Russie en mars 2014. "Je n'ai jamais caché que je considérais que la Crimée était russe historiquement et qu'il y avait eu un vote d'adhésion du peuple à ce moment-là", a-t-il ajouté.