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Poutine espère que la Russie sera remboursée si la France ne livre pas les Mistral

Le président russe a toutefois assuré que le sujet n'avait pas été évoqué lors de la visite surprise de son homologue français à Moscou.

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Vladimir Poutine à l'issue de sa rencontre avec François Hollande, samedi 6 décembre à Moscou (Russie). ( MAXIM ZMEYEV / REUTERS )

"Il y a un contrat, nous partons du principe qu'il sera respecté, sinon nous espérons qu'on nous rendra l'argent que nous avons payé". Sitôt son entretien avec François Hollande terminé à l'aéroport moscovite de Vnoukovo, le président Vladimir Poutine a indiqué samedi 6 décembre espérer que la Russie serait remboursée si la France ne livre pas les navires de guerre Mistral. L'homme fort du Kremlin a toutefois assuré aux journalistes qui l'interrogaient que le sujet n'avait "même pas été évoqué" lors de la visite surprise de son homologue français.

Ces déclarations de Poutine interviennent au lendemain d'un rappel à l'ordre de Moscou : la France doit "remplir toutes ses obligations" et livrer à la Russie les navires de guerre Mistral qu'elle lui a vendus, faute de quoi sa "réputation" sera en jeu. Or c'est précisément la guerre en Ukraine qui, de l'avis de la France, empêche la livraison du premier des deux navires Mistral que Paris a vendus à la Russie, un contrat qui déplaît aux Américains, dans le climat actuel d'un retour à une Guerre froide.

François Hollande avait ainsi annoncé le 25 novembre le report "jusqu'à nouvel ordre" de la livraison du premier Mistral, considérant "que la situation actuelle dans l'est de l'Ukraine" ne permettait toujours pas cette livraison. "Pour l'instant on ne livre pas", a encore déclaré vendredi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avant d'ajouter : "On pourrait ne jamais livrer. Il faut que les Russes se rendent compte de cette situation".

La France menacée d'amendes

Face au refus de François Hollande d'honorer une vente conclue en juin 2011 par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, Moscou a proféré des menaces d'amendes et de dédommagements, selon les termes négociés par les deux parties. Premier d'une série de deux Mistral, le Vladivostok devait initialement être remis à Moscou mi-novembre, dans le cadre d'un contrat de 1,2 milliard d'euros entre la Russie et le constructeur naval français DCNS.

Ces navires polyvalents, pouvant transporter des troupes, des hélicoptères, des chars, et mettre à l'eau des chalands de débarquement, sont des véritables "couteaux suisses" des marines de guerre modernes. Ils sont utilisés pour des opérations de projection, pour accueillir un état-major embarqué ou un hôpital équivalent aux besoins d'une ville de 25 000 habitants.

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