L'annulation de la vente des Mistral à la Russie, deux fois plus coûteuse que prévu ?

Selon "Le Canard enchaîné", de nombreuses dépenses s'ajoutent au simple remboursement des frais engagés par Moscou.

Le navire Mistral \"Sébastopol\" dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 16 mars 2015.
Le navire Mistral "Sébastopol" dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 16 mars 2015. (GEORGES GOBET / AFP)

Le règlement du contentieux entre la France et la Russie sur la vente annulée des navires Mistral coûtera-t-il plus cher que prévu ? Alors que le texte sur l'accord obtenu le 5 août avec Moscou sera examiné dans le détail en septembre au Parlement, Le Canard enchaîné révèle dans son édition de mercredi 12 août que le montant de la facture pourrait s'élever à plus de 2 milliards d'euros à la charge du Trésor. Or, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait indiqué que le montant exact de la somme versée par la France à la Russie serait inférieur au prix d'achat initial de 1,2 milliard d'euros.

Selon l'hebdomadaire satirique, de nombreuses dépenses n'ont pas été prises en compte dans ce calcul annoncé par le gouvernement. Ainsi, en plus du remboursement des 896 millions d'euros qui avaient été avancés par les Russes, la France devrait rembourser à son ancien partenaire "les frais engagés pour aménager le port de Vladivostok", "l'adaptation en version maritime de 32 hélicoptères K52 emmenés par les navires", ainsi que "la formation de 400 marins". De quoi flirter avec le milliard d'euros.

De nombreux "manques à gagner" à rembourser

A cela s'ajoute la marge que l'Etat doit payer au vendeur public des navires, la DCNS, poursuit Le Canard enchaîné, qui cite une somme de 350 millions d'euros. Mais, surtout, la France devra rendre "la totalité des équipements électroniques" des deux navires à la Russie : ces travaux, puis le remplacement de ces équipements dans l'objectif d'une revente des bateaux, coûteraient "sans doute pas loin de 200 millions d'euros", selon un proche du dossier cité par l'hebdomadaire.

Enfin, Le Canard enchaîné dresse la liste des "manques à gagner" qu'engendre l'annulation de ce contrat : DCNS, Thales et Safran peuvent "faire une croix sur [un] contrat de plus d'un demi-milliard", calcule encore l'hebdomadaire. Il ajoute qu'"au moins 400 millions d'euros d'activité des chantiers de Saint-Nazaire disparaissent" avec ces contrats.