Les entreprises françaises à l’assaut des pistes de Sochi

Les Jeux Olympiques sont des gouffres financiers pour les villes hôtes et la ville russe de Sochi, qui organise les Jeux d’hiver en 2014, n’échappe pas à la règle. Un budget pharaonique dont les retombées profitent aux entreprises françaises.

Vue aérienne de la zone de construction du parc olympique de Sochi, le 18 mai 2012.
Vue aérienne de la zone de construction du parc olympique de Sochi, le 18 mai 2012. (AFP PHOTO / MIKHAIL MORDASOV)

40 milliards d’euros pour Pékin en 2008, 12 milliards pour Londres en 2012 et … 35,6 milliards estimés pour Sochi. En comparaison, les Jeux de Sydney avaient coûté 4 milliards en 2000. 

Ces coûts faramineux sont souvent le fruit de dérives mégalomaniaques. Comme à Sochi où ces jeux se doivent d’être la vitrine d’une Russie moderne et de son chef, Vladimir Poutine, qui s’est beaucoup investi dans le projet.

Du travail après les Jeux
Ce ne sont pas les entreprises françaises qui s’en plaindront. Une dizaine d'entre elles ont réussi à s'imposer dans la construction des installations pour les prochains JO d’hiver dans les montagnes proches de la station balnéaire de la mer Noire, située dans le Caucase russe.

Si elles ont remporté des contrats de «plusieurs centaines de millions d’euros» (source France neige international) – à l’instar de cette société de transport par câble ou de ce fabriquant de remontées mécaniques et télécabines qui équipent les montagnes autour de Sochi –, elles n’ont pas oublié de préparer l’après-JO.

Sochi, le 23 février 2007 : Lénine fait face à l\'affiche de candidature de la station balnéaire aux JO d\'hiver de 2014.
Sochi, le 23 février 2007 : Lénine fait face à l'affiche de candidature de la station balnéaire aux JO d'hiver de 2014. (AFP PHOTO/MAXIM MARMUR)


Un marché prometteur
L’argent coule à flots et la source est loin d’être tarie. Une explosion des coûts des travaux que la presse russe et même Vladimir Poutine ne manquent pas de dénoncer.

Une manne que la dizaine de sociétés françaises qui travaillent sur place comptent bien exploiter après 2014, car le marché de l’aménagement des stations de ski dans la région est juteux. D'ici 2025, cinq autres stations de ski doivent s’installer dans cette partie du Caucase, région au sous-sol riche mais instable politiquement, que Moscou veut développer.

Il faut dire que le nombre des skieurs, seulement 2,5% de la population aujourd’hui, «augmente de 20 à 25% par an», souligne-t-on à la Compagnie des Alpes. Cet exploitant de plusieurs grandes stations françaises supervise la mise en exploitation de Roza Khutor, où se dérouleront les épreuves de ski alpin.

Pour sa directrice générale adjointe, Danièle Clergeot, présente en avril 2012 au Salon de l'aménagement en montagne à Grenoble, «on crée un nouveau marché de skieurs, qui une fois qu'il aura skié en Russie, viendra en France». Un vrai bon plan business!

Visite sur les sites de montagne

 

Le savoir-faire français plébiscité
Mais pourquoi autant de contrats français ? Benoît Robert, directeur de France neige international, une association qui promeut les entreprises spécialisées dans l'aménagement en montagne à l'étranger, explique. Selon lui, les «Russes sont venus chercher le savoir-faire des Français, pionniers du développement des stations dans les années 60», notamment en matière de télésièges ou de canons à neige «les plus performants en terme de production et de dépenses énergétiques». Et de conclure : les Français ont «une véritable expertise» en matière de «technologies les plus innovantes».

Et pour aider la Russie à développer cette région à la pauvreté endémique, la Caisse des dépôts et des consignations s'est engagée au côté de la société russe Northern Caucasus Resort à investir pour aménager la région. Pour ce faire, l'institution financière française fera appel à des investisseurs français et internationaux pour lever au moins 10 milliards d'euros sur ce projet.