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Royaume-Uni: Cameron ironise sur le «rêve français» des travaillistes

Dans une tribune publiée le 22 mars 2015 par le «Sunday Times», le Premier ministre britannique David Cameron, en campagne pour sa réélection, moque le parti travailliste qui, selon lui, rendrait le Royaume Uni «aussi mauvais que la France». Un nouvel exemple de French bashing?
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Le Premier ministre britannique, David Cameron, à Bruxelles le 20 mars 2015 (Reuters - François Lenoir)
A sept semaines des élections législatives, prévues le 7 mai, David Cameron sort (lien en anglais payant) l’artillerie lourde contre les travaillistes d’Ed Miliband. Il y a trois ans, le leader de l’opposition «voulait que nous suivions le même chemin que le nouveau gouvernement français» nommé après l’élection de François Hollande, affirme l’auteur de la tribune.

«Mais où ce chemin a-t-il conduit ?», demande David Cameron. Et de répondre : «Le chômage, de l’autre côté de la Manche, est deux fois plus élevé qu’au Royaume Uni. Notre économie croît sept fois plus vite que celle de la France. Imaginez ce qui se serait passé si Miliband avait été libre de poursuivre son rêve français : les retombées se feraient sentir avec des pertes d’emplois catastrophiques, une baisse du niveau de vie, une dette impressionnante et une chute de l’espérance dans notre avenir».

Le locataire du «10» (Downing Street à Londres, résidence des chefs de gouvernement de Sa gracieuse Majesté), qui en 2012, se disait prêt à «dérouler le tapis rouge» aux entreprises françaises, est en campagne. Et comme tout bon politique en campagne, il a tendance à ne mettre en avant que les éléments qui lui sont favorables. Il va ainsi jusqu’à expliquer qu’en 2014, «le Yorkshire (comté du nord de l’Angleterre, NDLR) a créé plus d’emplois que ne l’a fait la France entière» sur la même période…
 
Ces arguments sont indirectement critiqués… par le très libéral et très réputé hebdomadaire britannique The Economist dans son édition du 14 mars. Pour les entreprises installées en Albion, les emplois sont «une bonne affaire» parce que les salariés sont très mal payés, constate le journal. «Des 15 membres initiaux de l’UE, seuls la Grèce et le Portugal ont des salaires horaires plus bas».
 
De plus, poursuit l’article, la Grande-Bretagne a un gros problème : en l’occurrence, sa productivité : «le rendement par heure travaillée continue à être 2 % plus bas qu’avant 2007. Dans le reste des pays du G7, il est 5 % plus élevé» qu’il y a huit ans. «Un employé britannique produit 20 % de moins qu’un Français même s’il coûte 30 % de moins à l’embauche». Et The Economist d’ajouter : «Les Français pourraient se mettre le vendredi en congé et produire davantage que les Britanniques sur une semaine». Si même lui le dit…

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