Monstre du Loch Ness : l'hypothèse d'une anguille géante fait surface

Un chercheur néo-zélandais a analysé et séquencé les ADN de 250 échantillons d'eau recueillis jusque dans les profondeurs du lac écossais. Les résultats de cette longue étude ont été dévoilés jeudi.

Le Loch Ness (Ecosse, Royaume-Uni), le 22 novembre 2018.
Le Loch Ness (Ecosse, Royaume-Uni), le 22 novembre 2018. (MANUEL COHEN / AFP)

Qu'est-ce qui se cache derrière la légende du monstre du Loch Ness ? Ce ne peut pas être un requin, ni un poisson-chat, ni un esturgeon géant. Mais une étude menée par un scientifique néo-zélandais, publiée jeudi 5 septembre, évoque une nouvelle hypothèse : celle d'une anguille géante.

Le généticien Neil Gemmell, de l'université d'Otago à Dunedin (Nouvelle-Zélande), a analysé et séquencé les ADN de 250 échantillons d'eau, recueillis jusque dans les profondeurs du lac écossais. Les résultats ont conduit le scientifique et son équipe à écarter l'hypothèse d'un reptile venu du fin fond du Jurassique. Le "monstre" – affectueusement surnommé "Nessie" –, dont la plus ancienne observation supposée remonte au VIe siècle, n'est pas un plésiosaure, un grand reptile aquatique. D'ailleurs, la célèbre photo de la prétendue créature aquatique, prise par un médecin dans les années 1930, était une supercherie : le médecin photographe a avoué, sur son lit de mort, en 1994, avoir accroché une tête de monstre à un petit submersible. L'étude néo-zélandaise de 2019 permet également d'écarter d'autres hypothèses de poissons géants – silure, esturgeon ou même requin du Groenland.

Une piste déjà évoquée en 1933

"On retrouve une quantité significative d'ADN d'anguille", un poisson présent en nombre dans les eaux froides du Loch Ness, selon le Pr Gemmell. Alors, les eaux froides du Loch Ness seraient-elles peuplées de spécimens géants ? "Nos données ne révèlent pas leur taille mais la quantité que l'on a retrouvée fait qu'on ne peut pas écarter la possibilité qu'il y ait des anguilles géantes dans le Loch Ness", a prudemment botté en touche le généticien.

"Des investigations supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ou infirmer cette théorie mais selon nos données, l'hypothèse d'une anguille géante reste plausible", conclut le professeur Gemmell, qui note que cette piste avait déjà été évoquée en 1933.

Le professeur néo-zélandais se félicite d'avoir constitué une "excellente base de données" sur ce qui peut se trouver dans ce lac des Highlands, devenu une attraction touristique majeure pour l'Ecosse... grâce à son supposé monstre, qui a de forte chance d'être bel et bien une légende.