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"Je pensais que c'était une blague" : ces anonymes ont été choisis pour assister au mariage royal du prince Harry et de Meghan Markle

Article rédigé par Benoît Zagdoun
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 9 min
Une invitation au mariage du prince Harry et de Meghan Markle, imprimée dans les ateliers de Barnard et Westwood, le 22 mars 2018, à Londres (Grande-Bretagne). (VICTORIA JONES / AFP)

La famille royale a invité 1 200 "membres du public" à assister à la cérémonie le 19 mai au château de Windsor.

Rosie Ginday a les yeux qui pétillent et un sourire resplendissant. Cette dynamique trentenaire, originaire de Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, fait partie des 1 200 "membres du public" invités par la famille royale au mariage du prince Harry et de sa fiancée Meghan Markle au château de Windsor, samedi 19 mai.

Ces citoyens britanniques, aux âges et aux profils variés, ont été choisis par les lords-lieutenants, les représentants de la reine Elizabeth II dans chaque comté. Et leurs invitations ont ensuite été approuvées par le palais. Ces "membres du public" n'assisteront pas à la cérémonie dans la chapelle et ne seront pas conviés au vin d'honneur, mais ils seront aux premières loges. 

Nous pourrons voir l'arrivée du couple et de ses invités, la sortie des mariés et leur départ dans le carrosse royal. Je crois que ce sera un événement vraiment incroyable.

Rosie Ginday, invitée au mariage royal

à franceinfo

"C'est fantastique d'être l'une des 1 200 personnes choisies, se réjouit cette jeune femme de 34 ans. C'est un immense honneur. C'est vraiment très excitant." Rosie a fondé Miss Macaroon. L'entreprise fabrique des macarons colorés et réinvestit ses profits dans des formations pour des jeunes défavorisés. "Le lord-lieutenant a expliqué que cette invitation récompensait notre travail pour la communauté. C'est juste incroyable d'être reconnue pour cela, mais aussi d'être impliquée dans la célébration d'un événement fantastique et historique", s'enthousiasme-t-elle.

Rosie Ginday, fondatrice de Miss Macaroon à Birmingham (Royaume-Uni), l'une des 1 200 "membres du public" invités au mariage royal. (DR)

Rosie a déjà eu l'occasion de rencontrer le prince et sa fiancée. Le couple était passé par Birmingham au cours de la tournée orchestrée par le palais afin de présenter la future membre de la famille royale à ses sujets. "Le prince Harry est très accessible, c'est vraiment un gars sympa, ose Rosie. C'est super d'avoir une famille royale que l'on sent très disponible, comme des gens normaux."

"J'ai, en quelque sorte, grandi avec les princes William et Harry"

Rosie ira au mariage avec la mère de son compagnon. "C'est une fan absolue de la famille royale, comme si le prince Harry était l'un de ses fils. Elle est vraiment vraiment excitée." Elle aussi est "totalement" fan des royals"J'ai, en quelque sorte, grandi avec les princes William et Harry. Ils étaient sans cesse dans les médias pendant ma jeunesse, se souvient-elle. Ça a été vraiment intéressant de les voir devenir les hommes qu'ils sont aujourd'hui."

La jeune entrepreneuse ne tarit pas d'éloges non plus sur Meghan Markle. "Elle est fantastique. C'est une personnalité très inspirante. Elle est très active, très engagée dans les actions caritatives. En tant qu'entrepreneuse, impliquée dans le social, c'est formidable qu'une voix si différente puisse s'exprimer au sein de la famille royale."

Scott Ross, officier des cadets de la Royal Air Force, à Arbroath (Ecosse), l'un des 1 200 "membres du public" invités au mariage royal (DR)

"C'est un privilège" d'être invité à ce mariage, abonde Scott Ross, tout en passant la main dans ses courts cheveux roux. "Je n'ai jamais rencontré aucun membre de la famille royale. La seule que j'ai pu approcher, c'est la princesse Anne. Et encore, elle ne faisait que passer." Assis dans son canapé, l'Ecossais de 30 ans porte le maillot de son club de foot favori, celui d'Aberdeen. Mais le 19 mai, il plastronnera dans son uniforme horizon d'officier des cadets de la Royal Air Force. Ce fils et frère de militaire représentera fièrement son escadron d'Arbroath sur la côte est de l'Ecosse. 

J'ai beaucoup de respect pour la famille royale, en particulier pour William et Harry. Ce sont en quelque sorte nos idoles aujourd'hui. Ils sont de ma génération, ils ont servi, Harry sur le terrain et William lors de missions de sauvetage, et je sais quels sont les risques de ce métier.

Scott Ross, invité au mariage royal

à franceinfo

La fatigue d'une longue journée de travail se lit sur son visage rond. Cette invitation est une récompense pour ce travailleur dévoué. Lors d'une garden-party, sa lord-lieutenant l'a pris à part et lui a glissé qu'il devait s'attendre à une surprise. Sa belle-mère lui a suggéré que cela pouvait être la fameuse invitation. "Ce serait génial, mais ça ne peut pas être ça, ça doit juste être une autre garden-party ou un truc dans le genre", a pensé Scott. Le faire-part est finalement arrivé dans sa boîte aux lettres. Depuis, Nicola, l'épouse de Scott est obnubilée par le choix de sa robe. "Je ne lui dirai pas de se trouver un chapeau, parce que ça va la faire paniquer", plaisante-t-il.

"Je n'aurai jamais à nouveau une telle opportunité"

Helen Houston, elle, a un peu hésité avant d'accepter l'invitation. Pas longtemps. "Quand le lord-lieutenant m'a appelée, j'ai pensé : 'Non, je n'irai pas.' C'est vraiment très loin, vous savez. Nous vivons tout au nord de l'Ecosse. Et puis, je me suis dit : 'Peut-être que je devrais reconsidérer ma réponse.' Je n'aurai jamais à nouveau une telle opportunité dans ma vie. Et il y a tellement peu de gens qui ont reçu l'invitation que je me suis dit : 'Allons-y !'"

Helen Houston, "membre du public" invitée au mariage royal, drapée dans le tartan qu'elle portera pour l'occasion, aux côtés de sa collègue Beverley Hill, le 13 avril 2018 à Ardgay (Ecosse). (HELEN HOUSTON)

Cette Ecossaise de 61 ans, les cheveux gris et raides coupés au carré, dirige un trust qui œuvre au développement et à l'animation d'une petite communauté rurale du nord des Highlands. Depuis sa contrée reculée, la famille royale lui semble bien lointaine, même si elle reconnaît qu'elle a "une fonction d'ambassadeur de la Grande-Bretagne à travers le monde" et que "c'est un rôle important à jouer". La princesse Anne est la seule membre de la famille royale qu'elle ait rencontrée. C'était il y a quinze ans environ, lors d'une visite officielle. "Je ne me dirais pas vraiment royaliste, mais pas tout à fait républicaine non plus, quelque chose entre les deux", sourit-elle. 

Il est plutôt sain que la famille royale vive dans le présent plutôt que dans le passé, quand le mariage était quasi divin, quand la mariée devait cocher toutes les cases pour pouvoir épouser un prince. Aujourd'hui, ils se marient par amour et pas parce que c'est convenable pour la couronne. C'est un signe de modernisation de la monarchie.

Helen Houston, invitée au mariage royal

à franceinfo

Quand Helen a annoncé à son équipe qu'elle était invitée, sa collègue Beverley Hill "a sauté au plafond". "Je veux y aller avec toi", a-t-elle crié. C'est ce qu'elles feront. Beverley Hill a déjà acheté une tenue et un chapeau. Helen, quant à elle, compte se faire confectionner un habit en tartan, qu'elle pourra aussi porter aux Highland Games, cet été. Elle y sera chef de clan. "Le jour approchant, je serai sans doute de plus en plus excitée", reconnaît-elle. 

"Je suis sur un nuage"

Au château de Windsor, Rosie, Scott et Helen côtoieront peut-être Philip Gillespie, venu de Ballymena (Irlande du Nord). Interrogé par BelfastLive, ce vétéran d'Afghanistan, âgé de 30 ans, juge encore "un petit peu surréaliste" d'être invité à un tel événement. Son histoire force pourtant le respect. Il y a sept ans, lors de son troisième déploiement, le militaire a eu la jambe droite emportée par un engin explosif improvisé au cours d'une patrouille dans la province du Helmand, au sud-ouest du pays. Il a dû être amputé au niveau du genou.

Philip a aussi dû subir une demi-douzaine d'opérations et des mois de rééducation pour s'habituer à sa prothèse. Aujourd'hui, il s'implique dans une organisation caritative pour vétérans de l'armée. Il espère surtout être qualifié dans les équipes britanniques d'aviron et de tir à l'arc pour les prochains Invictus Games, ces Jeux olympiques pour blessés de guerre, initiés par le prince Harry.

Ils retrouveront également Julie-Ann Coll, 35 ans, et sa mère, Catherine Cooke, 53 ans, venues de Londonderry, en Irlande du Nord. "Je suis sur un nuage. Sincèrement, je ne peux pas m'imaginer là-bas. Je suis tellement excitée", confie la fille au Irish TimesJulie-Ann a créé un groupe de soutien après avoir perdu son fils, Mark, en 2004, alors qu'il n'avait que 22 semaines. A leurs côtés, il y aura aussi Reuben Litherland. Cet adolescent de 14 ans, sourd de naissance, donne des cours de langue des signes à l'heure du déjeuner dans son école de Derby, dans le centre de l'Angleterre. "Il est un peu abasourdi" par la nouvelle, confie sa mère au Daily Mail.

"J'ai cru que c'était un poisson d'avril"

Il y aura aussi Tessa Hince et Hayley Ash, 32 ans toutes les deux, qui offrent des repas de fêtes à ceux qui sont seuls pour Noël. Et Amy Wright, 26 ans, "très fière d'avoir été choisie". Dans son café, The Usual Place, à Dumfries dans le sud de l'Ecosse, elle aide des jeunes entre 16 et 25 ans à trouver du travail en leur fournissant une formation.

"J'ai cru que c'était un poisson d'avril", explique au Daily Mail une autre invitée : Pamela Anomneze. A 52 ans, cette femme active aide les personnes atteintes de troubles mentaux grâce à des activités artistiques au sein de son Studio 306 Collective CIC de Haringey, dans la banlieue de Londres. Elle sera accompagnée par son fils de 15 ans, un fan de la série Suits dans laquelle jouait Meghan Markle. Il l'a suppliée à genoux de l'y emmener pour apercevoir la mariée. Pamela portera peut-être une tenue traditionnelle de son Nigeria natal.

Amelia Thompson aussi  "pensait que c'était une blague", raconte sa mère Sharon au Telegraph. Cette jeune fille de 12 ans est une rescapée de l'attentat de Manchester, qui a frappé la foule d'adolescents qui se pressaient au concert d'Ariana Grande en mai 2017. Amelia a eu les cordes vocales endommagées d'avoir tant crié d'horreur et d'effroi, lors de l'attaque. Elle est parvenue à s'en remettre et elle a aidé à lever des fonds pour les victimes et leurs familles. "Je suis tellement fière d'elle, confie sa mère. Elle m'inspire." 

Amelia n'ira pas à la noce avec sa maman, mais avec la grand-mère d'une autre adolescente tuée dans l'attaque, avec qui elle s'est liée d'amitié. "Je pense que c'est bien que quelqu'un qui souffre vraiment et qui a tant perdu puisse vivre cette expérience et, avec un peu de chance, reparte avec un sourire sur son visage", commente Sharon. "J'espère surtout qu'il ne pleuvra pas", glisse Helen Houston, l'Ecossaise, en riant.

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