VIDEO. Au Royaume-Uni, les hôpitaux publics sont au bord de l'explosion

Un documentaire de la BBC a récemment révélé aux Britanniques la situation chaotique de leurs hôpitaux.

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France 2

Temps d'attente annoncé : 13 heures et 52 minutes. Une soirée classique aux urgences de l'hôpital Saint-Mary de Londres (Royaume-Uni). 95 patients ont été admis ce soir-là, pour seulement 33 places disponibles. Les brancards s'entassent donc dans les couloirs. Il faudrait plus de lits et de personnel. Une jeune maman attend par terre avec son bébé, sous les yeux désolés des médecins. "Je suis énervée et inquiète, faudrait-il un drame pour qu'on s'inquiète enfin de nous ?", se désole la jeune femme.

Les hôpitaux britanniques sont sous extrême pression à cause d'un manque de moyens et surtout d'effectifs, ainsi que d'une population vieillissante. Les chiffres ont atteint des records cet hiver : 2,5 millions de patients supplémentaires ont été enregistrés en 2016. Un demi-million d'heures d'ambulance ont également été perdues, lorsque des véhicules du Samu ont dû faire demi-tour vers une autre destination, faute de places disponibles dans tel ou tel hôpital.

Deux patients, un seul pourra être traité

Une série documentaire de BBC 2 a révélé le cas d'un hôpital saturé, contraint de renvoyer chez lui un patient cancéreux devant rapidement bénéficier d'une opération. Le personnel médical s'est résolu à ce choix afin de pouvoir libérer son lit en soins intensifs et ainsi accueillir une femme victime d'une hémorragie à l'aorte. La femme a pu être sauvée et l'homme a été opéré plusieurs jours plus tard.

Pour faire face à cette situation critique, le gouvernement britannique a appelé les médecins généralistes à redoubler d'efforts. "Nous ne sommes pas formés pour les urgences, vous ne voudriez pas que je vous ampute d'une jambe au milieu de la nuit", a rétorqué une de leurs représentantes.

Autre difficulté : la présence de médecins étrangers dans les hôpitaux publics britanniques est en suspens. Ces médecins européens, qui représentent 10% des effectifs, pourraient voir leur situation remise en cause par le Brexit.

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Des ambulances sont garées devant un hôpital de Liverpool (Royaume-Uni), le 12 janvier 2017.
Des ambulances sont garées devant un hôpital de Liverpool (Royaume-Uni), le 12 janvier 2017. (PHIL NOBLE / REUTERS)