Manchester : aux Vieilles Charrues, "depuis le drame du Bataclan, tout a changé en matière de sécurité"

Les mesures de sécurité vont être renforcées, après l'attentat de Manchester, lundi. Le directeur du festival des Vieilles Charrues, en Bretagne, qui se déroulera en juillet, a déjà prévu de "multiplier les entrées pour éviter les effets de masse". 

Le service de sécurité au festival des Vieilles Charrues, le 15 juillet 2016 à Carhaix (Bretagne).
Le service de sécurité au festival des Vieilles Charrues, le 15 juillet 2016 à Carhaix (Bretagne). (ANTHONY ROUANET / LE TELEGRAMME / MAXPPP)

Après l’attentat de Manchester, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé mardi 23 mai le renforcement des mesures de sécurité sur l’ensemble des évènements à venir sur le territoire français.

Le festival des Vieilles Charrues, qui débute le 13 juillet, est l’un des plus grands de France. Plus de 270 000 spectateurs sont attendus sur quatre jours. Le budget de la sécurité et du secours à la personne dépasse le million d’euro. Plus de 700 agents de sûreté, 250 secouristes, et une cinquantaine de membres du corps médical seront mobilisés. Pour le patron du festival Jérôme Tréhorel, "depuis le drame du Bataclan tout a changé".

franceinfo : Avez-vous repensé votre dispositif de sécurité ?

Jérôme Tréhorel : Depuis le drame du Bataclan tout a changé. Nous travaillons avec les services de l’État mais aussi avec d’autres festivals pour discuter nos dispositifs en matière de sécurité. À chaque fois, c’est vraiment du sur mesure en fonction des événements. Pour les Vieilles Charrues c’est très particulier. C’est un festival en plein air, qui se tient en zone rurale. Nous essayons de simplifier, de fluidifier et de diversifier, les parcours des festivaliers. Nous avons multiplié les entrées pour éviter les effets de masse.

Comment faites-vous pour canaliser et sécuriser les arrivées en nombre des festivaliers ?

Il y a différents points d’arrivée des festivaliers, des personnes viennent en voiture ou en train. Nous avons des agents de sécurité sur l’ensemble du parcours. Nous collaborons étroitement avec les services de police et de gendarmerie. Des caméras de surveillances sont installées à différents endroits du festival. D’autres points sont confidentiels pour des raisons de sécurité.

Avez-vous un message à faire passer aux festivaliers ?

Nous avons vécu l’onde de choc l’année dernière après l’attentat de Nice qui s’est produit en plein festival des Vieilles Charrues. Le soir de cette attaque, nous nous sommes posés énormément de questions sur notre dispositif de sécurité. Le scénario d’un camion n’avait jamais été évoqué lors des différentes réunions que nous avions eues avec des experts. Il faut continuer de lutter, il faut préserver nos libertés. Nous devons être plus forts ensemble. Nous devons vaincre cette peur potentielle. Ça n’est qu’ensemble que nous pourrons lutter contre ces terroristes.