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Drogue et prostituées pour doper le PIB du Royaume-Uni

Suède, Italie, Espagne...et c'est maintenant le Royaume-Uni qui va compter les revenus d'activités illégales comme le trafic de drogue et la prostitution dans son Produit Intérieur brut (P.I.B)
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France Télévisions
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Manifestation de prostituées pour la légalisation de leur activité à Londres, le 13 octobre 2011. (AFP/Citizenside/Martyn Wheatly)
Intégrer ces revenus «illégaux» devrait doper le PIB du Royaume-Uni de 12,3 milliards d'Euros. Un nouveau mode de calcul  qui doit débuter en septembre 2014 et devrait se traduire par une hausse de 4 à 5% du PIB. Selon BFM Business, la prise en compte de ces revenus est prévue par des règles Européennes. Le but : comparer les économies des pays membres de l'union Européenne, gonfler le PIB donc minorer l'importance de la dette. «Une façon commode de gonfler le PIB» selon Olivier Berruyer, spécialiste de la gestion du risque dans la finance et l'assurance; «Quand le PIB augmente, le ratio dette diminue» explique-t-il.

En France, l'INSEE a refusé d'intégrer l'économie illégale dans le calcul du PIB. Et explique son refus dans un rapport «Les circonstances dans lesquelles s'effectuent ces activités ne permettent pas de considérer que les parties prenantes s'engagent toujours librement dans ces transactions».

Comment mesurer les revenus issus de la prostitution? Les statisticiens prennent en compte le coût de la location des lieux d'activité, des achats de préservatifs et de «vêtements de travail». Il y aurait 58 000 prostituées au Royaume-Uni. Pour le trafic de drogue, l'ONS (Officie national des Statistiques) prend en compte la production et le vente de crack, d'héroïne et de cannabis. 

Saisie de canabis dans un camion immatriculé en grande-Bretagne, à Behobie, le 31 janvier 2004 (AFP/Daniel Velez)

Mais l'intégration des drogues illégales dans les statisitques officielles devrait creuser le déficit commercial Britannique. L'ONS estime en effet que la quasi-totalité des drogues consommées sont importées selon Boursier.com. Il estime cependant que le cannabis occupe une place à part. La moitié de cette drogue consommée en Grande-Bretagne est d'origine Britanique. Ce qui pourrait se traduire par un effet positif sur les secteurs de l'agriculture et de la pharmacie.

«Inquiétant» selon les associations. Une porte-parole de l'association Eaves s'est déclarée «surprise et attristée que des activités illégales, des délits et abus soient considérés comme partie intégrante du PIB».

Mais au Royaume-Uni, la prostitution en elle-même n'est pas illégale. Seules les maisons closes le sont. Malgré tout, le secrétaire d'Etat à la prévention de la délinquance Norman Baker a réaffirmé l'engagement du gouvernement à lutter contre «les dégâts et l'exploitation engendrés par la drogue et la prostitution».

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