Confinement, bouche-à-bouche et bouteille de whisky... L'attaque de Londres vécue par les parlementaires britanniques

Une attaque à proximité immédiate du palais de Westminster a eu lieu, mercredi, et la séance a été suspendue.

Capture d\'écran d\'une retransmission de la séance à la Chambre des communes, le 22 mars 2017, à Londres (Royaume-Uni), après une suspension causée par une attaque à proximité de Westminster.
Capture d'écran d'une retransmission de la séance à la Chambre des communes, le 22 mars 2017, à Londres (Royaume-Uni), après une suspension causée par une attaque à proximité de Westminster. (AFP)

Comme chaque mercredi, c'est jour d'affluence au Parlement britannique. A la mi-journée, mercredi 22 mars, à Londres, les députés se sont retrouvés à la Chambre des communes pour la traditionnelle séance des questions au Premier ministre. Une demi-heure de débats enflammés, et puis le retour aux affaires courantes.

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A 14h58 (15h58 heure de Paris), le leader de la Chambre, David Lidington, prend la parole devant ses collègues. "Il y a eu un incident grave dans le périmètre du Parlement, un policier a été poignardé et l'agresseur présumé a été abattu par la police", annonce-t-il avec flegme, évoquant d'autres "incidents violents dans les alentours"Dès lors, la séance est suspendue et la Chambre confinée.

Des députés rampant dans les couloirs

Au moment de l'attaque, tous les députés ne se trouvaient pas dans la Chambre des communes. "J'ai entendu des coups de feu alors que j'étais dans la cour, la police nous a aidé à nous mettre à l'abri", raconte le député du Parti national écossais Roger Mullin. "J'étais dans les couloirs pour aller voter quand j'ai entendu quatre coups de feu, ajoute son collègue conservateur Grant Shapps. La police a ordonné aux députés de se jeter au sol et de se mettre à l'abri en rampant." La conservatrice Mims Davies, elle, a juste le temps d'enlever ses talons et de prendre la fuite en courant le long de la Tamise.

Selon des journalistes de la BBC et du Telegraph, le député conservateur Tobias Ellwood, un ancien soldat, se retrouve à secourir le policier poignardé lors de l'attaque. Il lui prodigue un bouche-à-bouche à l'extérieur du Parlement et comprime sa blessure en attendant les secours. Un étudiant en journalisme le photographie couvert de sang.

Très vite, tandis que la Première ministre Theresa May est exfiltrée, tout se fige au palais de Westminster, siège du Parlement. Les journalistes politiques sont invités à rester en sécurité dans leurs bureaux. Les équipes parlementaires se cachent aussi, avec certains députés. "Personne ne sait vraiment ce qu'il se passe, mais il est clair que la sécurité de la Chambre et la police sont pleinement mobilisées", note l'élu conservateur James Heappey.

Une bouteille de whisky contre la peur

Certains députés qui se trouvaient à l'extérieur sont pris en charge au siège de la police londonienne, "en état de choc", selon le chef des Libéraux-démocrates, Tim Farron. Même sentiment de "peur" chez des chercheurs qui ont trouvé refuge dans le bureau du député conservateur Michael Fabricant, qui raconte avoir ouvert une bouteille de whisky.

Dans la Chambre des communes, les députés s'en remettent aux informations relayées par les médias et les réseaux sociaux. Scotchés à leurs téléphones, ils répondent aux messages inquiets de leurs proches, tandis qu'une barre de bois empêche toute sortie.

Moins de deux heures après le confinement, une évacuation des bâtiments est lentement initiée par la police. "On nous conduit à l'abbaye de Westminster, de manière extraordinairement calme et organisée", souligne la députée conservatrice Anne-Marie Trevelyan sur BFMTV. La procédure devrait se poursuivre jusque dans la soirée.