Brexit : les agriculteurs britanniques risquent de perdre gros

A l’approche du référendum sur la sortie ou pas du Royaume-Uni de l’Union européenne, certains dans le pays s’inquiètent des conséquences que cela entraînerait. Ainsi, les agriculteurs perdraient les aides conséquentes de la PAC, la Politique agricole commune.

Manifestation d\'un millier d\'agriculteurs britanniques, le 23 mars 2016 à Londres, contre la chute des prix agricoles.
Manifestation d'un millier d'agriculteurs britanniques, le 23 mars 2016 à Londres, contre la chute des prix agricoles. (Citizenside/Philip Robins)

28 milliards d’euros. Voilà ce que le Royaume-Uni va percevoir de l’Union européenne en sept ans, au titre de la Politique agricole commune (PAC). Le pays est ainsi le cinquième bénéficiaire de la PAC, derrière la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.
 
En 2012, l’Europe a versé 3,2 milliards d’aides directes au bénéfice de 178.900 agriculteurs dans le royaume. Des aides comprises entre 2000 et 50.000 euros qui ont représenté 43% des revenus agricoles en 2013. En moyenne, chaque agriculteur touche un chèque de 34.000 euros chaque année.
 
Un monde agricole fragile
187.000 exploitations au Royaume-Uni (500.000 en France): l’agriculture ne pèse pas lourd. Elle représente 0,7% de l’économie et un peu plus de 1% de l’emploi du pays. Autant dire que dans le débat sur la sortie du pays de l’Union, la situation des agriculteurs n’est guère prise en compte. En cas de Brexit, il faudra au moins deux ans pour négocier tous les termes de la sortie. Les agriculteurs s’interrogent sur leur situation durant cette transition.
 
Et après ? George Eustice, secrétaire d’Etat à l’Agriculture et défenseur du Brexit, se veut rassurant: «Le gouvernement britannique va continuer de donner aux agriculteurs et à l’environnement autant de soutien sinon plus que ce qu’ils ont actuellement.»
 
Tous les agriculteurs ne sont pas convaincus. Ils subissent déjà comme leurs collègues européens la suppression des quotas laitiers. Les producteurs de lait ont vu leur revenu baisser de moitié en 2015 quand ceux des céréaliers ont chuté d’un quart.