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Syrie : où en est le conflit ?

Malgré les preuves de l'utilisation de gaz sarin par les troupes de Bachar Al-Assad, la communauté internationale n'envisage pas d'intervention pour le moment. Et la diplomatie est dans l'impasse

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France Télévisions
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Des soldats de l'armée loyaliste brandissent un drapeau syrien et un portrait de Bachar Al-Assad, à Qousseir, le 5 juin 2013. (MOHAMED AZAKIR / REUTERS)

Pas de conférence de paix sur la Syrie en juin. La Russie a déclaré, à l'issue d'une réunion avec les Etats-Unis et les représentants des Nations unies, que faute d'accord sur une liste de participants, la réunion préparatoire a été reportée. La prochaine réunion devrait avoir lieu le 25 juin.

Parallèlement, la France et le Royaume-Uni affirment détenir les preuves de l’utilisation des armes chimiques en Syrie. Pourtant, la communauté internationale continue de ne pas envisager une intervention militaire. Plus de deux ans après le début de conflit, alors que le bilan humain s’élève à près de 100 000 morts, la fin de la guerre semble toujours aussi hypothétique. Francetv info fait le point sur la situation dans le pays.

L'utilisation d'armes chimiques démontrée

Les doutes sur la présence des armes chimiques en Syrie ont été levés. Après la déclaration du ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, c'est Londres qui a confirmé, mercredi 5 juin, avoir des "preuves physiologiques" de l'utilisation de gaz sarin.

"Nous sommes certains que le gaz sarin a été utilisé, nous avons nous-mêmes nos échantillons, nous pensons qu'il est très probable que l'utilisateur soit le régime syrien, mais nous ne sommes pas au stade de dire que c'est définitif", a confirmé Peter Ricketts, ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, sur Europe 1Le gaz sarin est un puissant neurotoxique qui provoque des convulsions, des arrêts respiratoires et un coma précédant la mort si plus d’un demi-milligramme du gaz est ingéré ou inhalé.

Les lieux de production et de stockage de ces armes en Syrie sont connus par les spécialistes militaires européens et américains. Mais bombarder des entrepôts remplis de gaz sarin "ferait courir des risques mortels à la population", selon Olivier Lepick, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, interrogé par francetv info.

L'intervention militaire en question, la diplomatie dans l'impasse

Interrogé sur le sujet des armes chimiques, le porte-parole du président américain Barack Obama a déclaré : "Nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (...) avant de prendre une décision. Il nous faut enquêter davantage."

Un ton beaucoup plus prudent qu'en août 2012, quand Barack Obama affirmait que l'utilisation des armes chimiques en Syrie était une ligne rouge à ne pas franchir. Sur un ton ferme, il évoquait alors "d’énormes conséquences". Les réactions similaires de Paris et de Londres avaient suivi. 

Aujourd'hui, Laurent Fabius explique qu'il "faut à la fois réagir et en même temps ne pas bloquer l'éventuelle conférence de paix". Mais même si les pays réussissent à se mettre d'accord, fin juin, sur la liste de participants, "Genève 2" risque de se heurter aux mêmes problèmes que les autres négociations internationales. 

La Russie, inflexible, défend toujours le régime de Bachar Al-Assad. L'opposition syrienne – qui ne dispose pas d'une direction politique unifiée – exige au préalable la démission du président Bachar Al-Assad, l'arrêt des combats et le départ de Syrie de combattants iraniens et de ceux du Hezbollah libanais. Quant au président syrien, il a déjà affirmé sa détermination à rester au pouvoir jusqu'aux élections de 2014, voire de se représenter.

Sur le terrain, aucun camp n'a l'avantage

Mercredi 6 juin, les forces du régime syrien, aidées par des miliciens chiites du Hezbollah libanais, ont repris la ville de Qousseir, tenue par les rebelles depuis dix-huit mois. Il s'agit d'une conquête cruciale car "la ville donne accès à l’autoroute qui relie la troisième ville du pays [Homs] à la capitale, Damas. Si le gouvernement syrien veut déloger les rebelles du centre de Homs qu’ils occupent, il doit impérativement avoir le contrôle de cette route, qui est aussi indispensable à l’approvisionnement en armes de ses troupes, au nord du pays", explique La Croix

Pourtant, même si le régime syrien enregistre ainsi un succès important face aux rebelles affaiblis, aucun camp ne semble avoir la victoire à portée de la main.

Or, avec la prolongation du conflit, la crise syrienne risque de déborder dans les pays voisins. Les violences qui ont récemment éclaté en Turquie, au Liban ou en Irak montrent que la menace est réelle, surtout avec un Hezbollah impliqué dans le conflit et Israël qui aurait déjà frappé la Syrie.

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