Syrie : "Ma fille est en danger, je me mets en danger", témoigne une mère qui a entamé une grève de la faim pour demander le rapatriement de sa fille malade

La fille de Pascale Descamps est prisonnière depuis deux ans dans un camp du nord du pays avec ses quatre enfants.

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Radio France
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Pascale Descamps, mère d'une Française partie en Syrie et détenue depuis deux ans dans un camp du nord du pays (Photo d'illustration). (CÉCILE BIDAULT / RADIO FRANCE)

"Ma fille est en danger, mes petits-enfants sont en danger, je me mets en danger", témoigne sur franceinfo Pascale Descamps, qui a entamé une grève de la faim lundi 1er février, pour demander le rapatriement de sa fille malade détenue en Syrie. Sa fille est prisonnière depuis deux ans dans un camp du nord du pays, contrôlé par les forces kurdes, avec ses quatre enfants. À 32 ans, elle souffre, d’un cancer du côlon, selon Pascale Descamps.

"Je ne demande pas l'impunité. C'est une demande de droit à la vie, de traitement digne et équitable, de traitement humain. Nous ne sommes pas des animaux, mais ça ressemble à une condamnation à mort sans jugement. C'est indigne de notre société, des valeurs de notre République", poursuit cette mère du Pas-de-Calais qui attend une réponse des autorités françaises sur le sort réservé à sa fille.

"Une torture pour une mère" 

Après de multiples tentatives pour alerter l'État français, dont un appel lancé sur franceinfo le 21 janvier dernier, Pascale Descamps accuse les autorités françaises de faire la "politique de l’autruche". "Ne pas répondre, c’est anormal", sinon "il n’y a plus de justice", poursuit Pascale Descamps. C’est "inhumain", "une torture pour une mère" de ne pouvoir aider sa fille qui est "épuisée" et qui "souffre", explique Pascale Descamps qui ne voit que cette solution, la grève de la faim, pour obtenir le retour de sa fille et des ses petits-enfants en France.

"C'est honteux parce qu’il y a la souffrance physique qui devient très importante, donc, je ne peux pas rester chez moi à attendre. C'est invivable."

Pascale Descamps

à franceinfo

"C'est un appel au secours et surtout à la dignité. Il faut qu’elle puisse être soignée. Et les droits de l'enfant sont complètement bafoués. Ça fait déjà deux ans qu'ils sont en détention et il y a un mandat d'arrêt international à l'encontre de ma fille, délivré par deux juges d'instruction français. Où est la logique dans tout ça ? Si ma fille rentre et qu’elle survit à la maladie, elle sera judiciarisée. Elle répondra de ses actes", assure Pascale Descamps.

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