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Syrie : la Turquie bombe le torse après la "violation de la frontière"

Des tirs provenant de Syrie ont visé un camp de réfugiés situé de l'autre côté de la frontière, en Turquie. Damas semble ne pas avoir retiré ses armes lourdes des villes mardi, comme elle s'y était engagée.

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France Télévisions
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A Kilis, en Turquie, des réfugiés syriens observent la frontière. Plusieurs personnes ont été blessées près d'un camp de réfugiés par des tirs syriens ayant franchi la frontière, le 9 avril 2012. (IHLAS NEWS AGENCY / TURKEY OUT / AFP)

"Il s'est produit une très claire violation de la frontière, c'est avéré", a dénoncé le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, mardi 10 avril, depuis Pékin où il se trouve en visite. "Nous prendrons évidemment les mesures nécessaires", a-t-il menacé, selon l'agence de presse turque Anatolie, précisant que "la Turquie agira évidemment comme ont agi d'autres pays, conformément au droit international".

Lundi, à la frontière turco-syrienne, quatre réfugiés syriens, un policier et une interprète turcs d'un camp de réfugiés proche de la ville turque de Kilis ont été blessés par des tirs syriens. C'est la première fois que des coups de feu tirés par les forces syriennes font des blessés en Turquie depuis le début du mouvement de révolte contre Bachar Al-Assad, en mars 2011. Ils ont eu lieu à la veille d'une visite de l'émissaire international, Kofi Annan, dans des camps de réfugiés syriens du sud de la Turquie.

Paris dénonce un "mensonge flagrant et inacceptable" de Damas

Damas doit retirer ses armes lourdes des villes à partir de ce mardi, conformément au plan de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe qu'elle a accepté. Le plan doit conduire à un rapide cessez-le-feu, mais la Syrie, malgré ce qu'affirme le gouvernement, semble le fouler aux pieds.

"Nous avons déjà effectué le retrait de nos unités militaires dans certaines provinces, a affirmé le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Mouallem. Le cessez-le-feu doit commencer avec l'arrivée d'observateurs internationaux." Paris voit dans ces déclarations une "nouvelle expression d'un mensonge flagrant et inacceptable" du régime de Damas, qui confirment "un sentiment d'impunité contre lequel la communauté internationale doit absolument réagir", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

En effet, mardi matin, "les chars de l'armée bombardent la localité de Mareh qui est également survolée par des hélicoptères", rapporte Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Au même moment, à un peu plus de 100 kilomètres de là, à Hama, des chars syriens ont ouvert le feu dans le centre de la ville, selon une activiste. Un autre militant a affirmé que des chars étaient toujours déployés à Douma, dans les faubourgs de Damas.

La journée de lundi a été particulièrement meurtrière. Au moins 101 personnes, dont 74 civils, 19 membres des forces gouvernementales et huit rebelles, ont été tuées dans les violences à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

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