Le Hezbollah libanais subit des pertes au côté de l'armée syrienne

Au moins 23 combattants libanais du Hezbollah, allié du régime, seraient morts dans les combats, dimanche 19 mai. Mais l'armée est entrée dans le bastion rebelle de Qousseir.

Des militaires syriens, à sept kilomètres de la ville rebelle de Qousseir, le 13 mai 2013. 
Des militaires syriens, à sept kilomètres de la ville rebelle de Qousseir, le 13 mai 2013.  (JOSEPH EID / AFP)

Le Hezbollah libanais, en première ligne dans les combats au côté de l'armée syrienne à Qousseir, affronte, lundi 20 mai, les insurgés dans cette ville stratégique. Le mouvement chiite libanais, allié indéfectible du régime de Bachar Al-Assad, et l'armée ont lancé dimanche l'assaut sur ce bastion rebelle. La ville représente un enjeu capital pour le régime, car elle relie Damas au littoral, sa base-arrière. Mais elle est aussi un point de passage d'armes et d'hommes pour les rebelles, à partir du Liban voisin.

Selon une source militaire syrienne, l'armée s'est emparée du sud, de l'est et du centre de la ville, et se dirigeait lundi vers le secteur nord où sont retranchés les rebelles. Ceux-ci tiennent la ville depuis plus d'un an. La télévision officielle a aussi indiqué que "l'armée poursuivait les terroristes [comme le régime appelle les rebelles] dans les secteurs nord et ouest de Qousseir".

Le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, a précisé de son côté que l'armée a pris le contrôle "de la majorité des sites vitaux" de la ville et "détruit le QG" des rebelles. Plusieurs commandants insurgés ont fui vers Tripoli, grande ville du nord du Liban, selon le journal.

23 "membres d'élite" tués, selon l'OSDH

L'engagement en Syrie des miliciens libanais, à un degré jamais vu jusqu'ici, illustre le conflit par procuration que se livrent dans la région l'Iran chiite, soutien fidèle de Bachar Al-Assad, et les alliés sunnites des Etats-Unis au Proche-Orient, à commencer par le Qatar et l'Arabie saoudite.

Aguerri aux combats de rues, le Hezbollah, qui dispose d'une milice armée, joue un rôle de premier plan dans les combats et a perdu dimanche 23 "membres d'élite", selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Une source proche du parti chiite a fait état de 20 morts et de 30 blessés dans les combats. "Ce sont eux qui ont commencé l'assaut dimanche. Ils sont entrés en premier et c'est pour ça qu'ils ont perdu 23 hommes", a expliqué Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, organisme qui s'appuie sur un large réseau de sources médicales et de militants en Syrie

"La journée la plus difficile depuis le début de la révolution"

Al-Watan a assuré lundi que "l'armée contrôle la majorité de la ville, ouvre un passage sécurisé pour la sortie des civils". Les militants antirégime sur place ont dénoncé de leur côté un "siège étouffant imposé par le régime syrien et le Hezbollah libanais" et la violence de l'assaut lancé dimanche.

"La journée de dimanche a été la plus difficile depuis le début de la révolution syrienne", a affirmé un militant à Qousseir, joint via Skype. "Je n'ai jamais vu autant de raids, Qousseir était bombardée de toutes parts." "Contrairement à ce que dit le régime, il n'y a pas de sortie pour les civils. Chaque fois que nous tentons d'évacuer quelqu'un, on est visé par les tireurs embusqués, même les femmes et les enfants."