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Syrie. L'utilisation d'armes chimiques se confirme

Londres estime avoir des éléments "convaincants" en ce sens et Washington l'évoque "avec différents degrés de certitude".

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France Télévisions
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Un homme court dans une rue touchée par des tirs de missiles, dans l'est de la Syrie, le 12 mars 2013. (REUTERS)

Les Etats-Unis ont reconnu pour la première fois et avec prudence, jeudi 25 avril, que le régime syrien avait utilisé des armes chimiques contre les rebelles. De son côté, le ministère britannique des Affaires étrangères estime avoir "des informations limitées mais convaincantes", validant l'usage du gaz sarin, évoqué dès le mois de décembre, par Washington.

Que dit Washington ?

L'utilisation d'armes chimique est probable, en petite quantité. "La communauté américaine du renseignement conclut, avec différents degrés de certitude, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle en Syrie, en particulier du sarin", a affirmé Chuck Hagel, secrétaire à la Défense. "Différents degrés de certitude" signifie, dans le jargon du renseignement américain, que ses agences ne sont pas toutes du même avis.

La Maison Blanche a communiqué cette évaluation à des élus du Congrès, en précisant que "les évaluations du renseignement ne sont pas suffisantes à elles seules". L'évaluation est "fondée en partie sur des prélèvements" sur des personnes, selon une porte-parole de la Maison Blanche. Mais "la chaîne de transmission (des échantillons) n'est pas claire, donc nous ne pouvons pas confirmer comment l'exposition (au sarin) a eu lieu".

Que dit Londres ?

De son côté, Londres a "des informations limitées mais convaincantes" sur l'usage d'armes chimiques en Syrie, notamment de gaz sarin, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. "L'utilisation d'armes chimiques est un crime de guerre. Nous avons rendu compte de cette information à nos alliés, nos partenaires et aux Nations unies et nous travaillons activement pour obtenir davantage et de meilleures informations", précise le communiqué.

Le président syrien Bachar al-Assad "doit coopérer avec la communauté internationale et prouver que son régime n'a pas commis ce crime horrible, en permettant un accès illimité à l'ONU et à l'OIAC (l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques) pour qu'une enquête soit menée sur le terrain en Syrie", selon la même source.

La "ligne rouge" est-elle franchie ?

Depuis août 2012, le président Barack Obama a mis en garde à de nombreuses reprises le régime Assad contre le recours aux armes chimiques. Il a plusieurs fois parlé de "ligne rouge" en menaçant d'intervenir si Damas la franchissait. La Maison Blanche justifie ainsi sa prudence quant aux informations recueillies par les renseignements, avec en mémoire les armes de destruction massives qui avaient servi de prétexte à l'invasion de l'Irak en 2003. Washington, comme Paris et Londres, comptent donc sur une enquête de l'ONU pour confirmer le franchissement de cette "ligne rouge".

Mais pour plusieurs élus américains, il est trop tard. "Le président des Etats-Unis a dit que si Bachar al-Assad utilisait des armes chimiques, cela changerait tout", a déclaré le sénateur républicain John McCain. "Je pense qu'il est évident qu'une ligne rouge a été franchie". "Je suis très inquiète qu'avec cette admission publique, le président Assad ne calcule qu'il n'a plus rien à perdre" et que le conflit s'intensifie, a déclaré la présidente démocrate de la commission du Renseignement du Sénat, Dianne Feinstein.

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