Syrie : "Il faut trouver une solution politique et non pas militaire"

Un cessez-le-feu a été conclu mardi à Alep pour permettre l'évacuation des civils, mais le processus ne semble pas tout à fait respecté sur le terrain. Invité de franceinfo mercredi, Artem Studennikov, ministre conseiller et chef de mission adjoint à l'ambassade de Russie en France, a écarté les accusations formulées à l'encontre de la Russie.

Une femme quitte un quartier d\'Alep après l\'arrivée des forces gouvernementales, le 13 décembre 2016.
Une femme quitte un quartier d'Alep après l'arrivée des forces gouvernementales, le 13 décembre 2016. (GEORGE OURFALIAN / AFP)

Un cessez-le feu a été conclu, mardi 13 décembre, à Alep sous la houlette de la Turquie et de la Russie pour permettre l'évacuation des civils et des rebelles de l'est de la ville. Le processus semble être retardé sur le terrain. Mais, sur franceinfo mercredi, Artem Studennikov, ministre conseiller et chef de mission adjoint à l'ambassade de Russie en France, a rejeté les critiques sur les bombardements russes sur la population civile.

franceinfo : L'ONU a parlé de massacres à Alep. La Russie est visée par ces accusations, que répondez-vous à cela ?

Artem Studennikov : Même l'ONU a reconnu que toutes ces informations n'étaient pas confirmées. Ce sont surtout des rumeurs. La guerre en Syrie est une guerre civile et fratricide. Elle est très complexe, à cause des différentes ethnies et confessions. Mais la fin des hostilités à Alep ouvre la voie à un processus politique.

Entendez-vous les critiques de la communauté internationale, notamment sur l'absence de couloirs humanitaires ?

La situation humanitaire à Alep est difficile depuis des années. Concernant les couloirs humanitaires, je ne suis pas d'accord. Ils existent depuis le début de l'offensive. Nous n'avons pas de preuve certaine de frappes contre des hôpitaux.

La Russie résonne-t-elle de façon binaire, c'est-à-dire, soit Bachar Al Assad, soit le chaos ?

Aujourd'hui, la guerre à Alep est terminée. La population peut quitter la région et elle a commencé à le faire. Mais je vous signale qu'une grande partie des habitants se sont dirigés vers Alep-Ouest, contrôlée par les autorités syriennes. Depuis l'intervention russe en Syrie, nous avons enjoint nos partenaires à aider les Syriens à négocier. Maintenant que des opportunités existent, il faut trouver une solution politique à cette crise et ce n'est pas une solution militaire.