Plus de 300 civils enlevés en deux jours en Syrie

Ces rapts confessionnels surprennent par leur ampleur, signale une ONG syrienne. 

Un vieil homme salue le photographe après être allé chercher du pain, le 14 février 2013 à Alep (Syrie). 
Un vieil homme salue le photographe après être allé chercher du pain, le 14 février 2013 à Alep (Syrie).  (BULENT KILIC / AFP)

Il s'agit de rapts à caractère confessionnels. Plus de 300 civils, dont des femmes et des enfants, ont été enlevés en deux jours dans le nord-ouest de la Syrie, ont rapporté samedi 16 février l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des habitants. Un record depuis le début du conflit en 2011.

Les enlèvements ont commencé jeudi. Une quarantaine de civils de villages chiites situés dans la région d'Idleb ont d'abord été kidnappés par un groupe armé. En représailles, plus de 70 personnes originaires de villages sunnites ont été enlevées par des groupes pro-régime. Des dizaines de sunnites ont également été enlevés dans d'autres localités de la région par des groupes pro-régime, a précisé l'OSDH. Il faut savoir que la majorité des rebelles combattant le régime sont des sunnites, tandis que le clan de Bachar Al-Assad est alaouite, une branche du chiisme.

Si les enlèvements sont quasi-quotidiens depuis la militarisation du conflit, l'ampleur de ces récents rapts est sans précédent, estime l'OSDH qui dénonce un "crime de guerre". Pour Rami Abdel Rahmane, président de l'ONG, "il n'y a plus d'autorité centrale, et en particulier dans cette région"