Liban : de violents combats font neuf morts à Tripoli

Depuis dimanche, des affrontements entre opposants et partisans du régime syrien ont fait de nombreuses victimes dans cette ville du nord du pays.

Des combattants sunnites opposés au régime de Bachar Al-Assad, à Tripoli (Liban), le 23 mai 2013.
Des combattants sunnites opposés au régime de Bachar Al-Assad, à Tripoli (Liban), le 23 mai 2013. (AFP )

Au moins neuf personnes ont été tuées, jeudi 23 mai à Tripoli, ville du nord du Liban, lors de violents combats entre partisans et opposants du régime syrien. "De très violents combats se sont déroulés la nuit dernière jusqu'à 5 heures du matin, qui ont fait six morts et 40 blessés. Les accrochages et les obus ont atteint plusieurs quartiers de la ville, y compris au centre", a expliqué une source au sein des services de sécurité libanais. En outre, "jeudi, dans la soirée, trois personnes ont été tuées par des tireurs embusqués : un à Qobbah et deux à Jabal Mohsen".

Depuis le début de la révolte contre le président syrien Bachar Al-Assad, des combats meurtriers opposent régulièrement à Tripoli les habitants du quartier sunnite de Bab el-Tebbaneh, favorables aux rebelles syriens, à ceux du secteur alaouite de Jabal Mohsen, qui soutiennent le régime de Damas. Mais depuis dimanche, des bombardements et des tirs d'obus touchent d'autres quartiers de cette ville majoritairement sunnite.

Au total, 20 personnes, dont deux soldats, ont été tuées et près de 150 autres blessées en quatre jours. "Depuis dimanche, des quartiers de Tripoli, épargnés depuis 1985, ont été soumis à des bombardements. Cette guerre est la continuation de celle que la Syrie a menée contre nous en 1985", affirme Amine al-Qabbout, élu du quartier sunnite de Qobbah. En 1985, de très violents combats avaient opposé des sunnites de Tripoli à l'armée syrienne, qui avait bombardé la ville pendant plusieurs jours. "L'outil politique qui mène la guerre est le même, c'est le Parti arabe démocratique (PAD)" pro-syrien, a ajouté l'élu. Le PAD accuse en revanche les sunnites d'avoir déclenché les combats.