Syrie : face à Hollande déterminé et à Obama confiant, l'ONU s'alarme

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a mis en garde contre les risques d'une "action punitive" à l'encontre de Bachar Al-Assad.

Manifestation contre l\'intervention militaire en Syrie, le 3 septembre 2013, devant l\'ambassade des Etats-Unis à Londres (Grande-Bretagne).
Manifestation contre l'intervention militaire en Syrie, le 3 septembre 2013, devant l'ambassade des Etats-Unis à Londres (Grande-Bretagne). (BEN STANSALL / AFP)

Une intervention militaire en Syrie contre le régime de Bachar Al-Assad est apparue un peu plus probable, mardi 3 septembre. Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a progessé dans ses efforts pour obtenir un feu vert du Congrès. Et en France, François Hollande a réaffirmé sa détermination à agir, à la veille du débat parlementaire sans vote. Face à ce volontarisme affiché, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a mis en garde contre les risques d'une "action punitive". Francetv info vous résume les principales informations à retenir de cette journée.

Sur le plan diplomatique

A l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a mis en garde mardi soir contre les risques d'une "action punitive" en Syrie. "Nous devons considérer l'impact qu'aurait une action punitive sur les efforts pour empêcher d'autres effusions de sang et faciliter un règlement politique du conflit", a-t-il déclaré à la presse.

Ban Ki-moon a aussi semblé mettre en doute par avance la légalité d'éventuelles frappes américaines en Syrie. Il a fai valoire qu'une intervention militaire dans un pays tiers ne peut être légale qu'avec l'autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies, sauf en cas de légitime défense.

En France. François Hollande s'est exprimé, mardi, à l'issue d'une rencontre avec son homologue allemand, Joachim Gauck, à l'Elysée. "C'est l'Europe qui doit aussi se réunir sur ce dossier. Elle le fera, chacun avec sa responsabilité. La France assumera la sienne", a déclaré le chef de l'Etat. Il a aussi affirmé être "sorti encore renforcé dans (sa) détermination" après avoir lu l'interview donnée par Bachar Al-Assad au Figaro"Je m'adresserai aux Français quand j'aurai en main tous les éléments", a répété François Hollande. Si le Congrès américain ne donnait pas son feu vert pour une intervention en Syrie, la France "prendrait ses responsabilités en soutenant l'opposition" syrienne, a-t-il ajouté.

FRANCE TELEVISIONS

Une déclaration faite à la veille du débat parlementaire sans vote, alors que près des trois quarts de Français (74%) souhaitent que le Parlement se prononce par un vote, selon un sondage CSA pour BFMTV. Dans la soirée, environ 150 personnes se sont rassemblées sur l'esplanade du Trocadéro à Paris "contre une intervention militaire de la France" en Syrie, à l'appel notamment du Parti chrétien démocrate (PCD) de Christine Boutin.

Aux Etats-Unis. De son côté, Barack Obama a appelé le Congrès à un vote rapide. "Ce que nous envisageons est quelque chose de limité. C'est quelque chose de proportionné. Cela affaiblira les capacités d'Assad", a précisé le président, afin de rassurer les parlementaires américains. "Dans le même temps, nous avons une stratégie plus large qui va nous permettre de renforcer les moyens de l'opposition", a-t-il ajouté. Dans la foulée, le président de la Chambre des représentants a annoncé qu'il soutiendrait Barack Obama.

REUTERS

Le secrétaire d'État John Kerry et le chef du Pentagone Chuck Hagel ont eux vanté les mérites d'une action militaire, pendant plusieurs heures devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. Pour le premier, Washington ne veut pas être le "spectateur d'un massacre". Pour le second, les Etats-Unis affaibliraient la crédibilité de leur engagement à ne pas laisser l'Iran se doter d'un arsenal nucléaire s'ils n'intervenaient pas en Syrie.

En Allemagne. La chancelière allemande, Angela Merkel, dit espérer encore un consensus international lors d'un sommet du G20, qui se tiendra cette semaine en Russie, pour répliquer à l'attaque chimique du 21 août. Tout en excluant une participation allemande à une éventuelle action militaire en Syrie.

En Syrie

Une défection de poids. Le responsable de la commission syrienne des médecins légistes a rejoint l'opposition mardi. Il détiendrait des preuves de l'implication du régime de Bachar Al-Assad dans une attaque chimique qui a visé Alep en mars. Plusieurs responsables du régime syrien ont fait défection depuis le début du soulèvement populaire, en mars 2011.

Un exercice militaire. Dans la matinée, la Russie a détecté le lancement de deux missiles balistiques en mer Méditerranée. Selon le ministère russe de la Défense, les engins ont été lancés "de la partie centrale de la Méditerranée vers la côte est". Ils se sont abîmés en mer. Les médias israéliens ont affirmé qu'il s'agissait d'un exercice militaire israélo-américain. Le Pentagone a précisé que ce test "n'avait rien à voir" avec une éventuelle intervention militaire américaine en Syrie.