Syrie : Bachar Al-Assad menace la France en cas de frappes

Dans une interview au "Figaro", le président syrien prévient que la France deviendra "l'ennemi" de son régime s'il se lance dans une intervention militaire. 

Le président syrien Bachar Al-Assad lors d\'une interview pour un journal russe, à Damas. Photo diffusée par l\'agence Sana le 26 août 2013. 
Le président syrien Bachar Al-Assad lors d'une interview pour un journal russe, à Damas. Photo diffusée par l'agence Sana le 26 août 2013.  (SANA / REUTERS)

"Le peuple français n'est pas notre ennemi, mais..." Alors que Paris est en première ligne au côté de Washington pour mener une riposte à l'attaque chimique du 21 août en Syrie, le président syrien Bachar Al-Assad met en garde la France dans une interview au Figaro publiée en partie sur le site du quotidien lundi 2 septembre. 

"Dans la mesure où la politique de l'Etat français est hostile au peuple syrien, cet Etat sera son ennemi", menace-t-il. Et de prévenir : "Il y a aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France." 

Le président syrien Bachar Al-Assad met aussi en garde contre le risque d'une "guerre régionale" en cas d'action militaire occidentale. "Le Moyen-Orient est un baril de poudre et le feu s'en approche aujourd'hui (...) Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l'extrémisme se répandront", pronostique-t-il. 

"Le seul moyen de leur faire face est de les liquider"

Interrogé sur l'attaque chimique du 21 août, Bachar Al-Assad dément une quelconque implication de l'armée syrienne et avance que "ni Obama ni Hollande" n'ont été capables de fournir des preuves allant en ce sens. "Quel intérêt à attaquer à l'arme chimique, alors que notre situation sur le terrain est aujourd'hui bien meilleure qu'elle ne l'était l'année dernière?", s'interroge le leader syrien. "Comment une armée, dans n'importe quel État, peut-elle utiliser des armes de destruction massive, au moment où elle progresse au moyen d'armes conventionnelles?", poursuit-il.

A la question "Que proposez-vous pour arrêter le bain de sang en Syrie?", Bachar Al-Assad répond : "Nous combattons des terroristes. 80 à 90 % de ceux que nous combattons appartiennent à Al-Qaïda. Ceux-là ne s'intéressent ni aux réformes ni à la politique. Le seul moyen de leur faire face est de les liquider."

Aux parlementaires français qui s'apprêtent à débattre mercredi d'une intervention militaire en Syrie, Bachar Al-Assad envoie ce message : "Je leur demande: pouvez-vous soutenir l'extrémisme et le terrorisme? Peuvent-ils se mettre du côté de ceux qui, comme Mohamed Merah, ont tué des innocents en France? Comment la France peut-elle combattre le terrorisme au Mali et le renforcer en Syrie?"