Syrie : les bombardements font près de 2 000 morts en cinq mois, à Alep

Le régime de Bachar Al-Assad sème la mort dans la ville, en larguant par hélicoptère des barils d'explosif sur les rebelles et la population.

Poussière et fumée s\'élèvent dans le ciel d\'Alep, en Syrie, après un bombardement, le 27 avril 2014.
Poussière et fumée s'élèvent dans le ciel d'Alep, en Syrie, après un bombardement, le 27 avril 2014. (BARAA AL-HALABI / AFP)

A Alep, en Syrie, la mort fait partie du quotidien. Et elle vient souvent du ciel. La campagne aérienne de l'armée syrienne sur la province d'Alep a tué près de 2 000 civils, dont des centaines d'enfants, depuis le début de l'année. Le régime cherche à reprendre coûte que coûte cette cité stratégique aux rebelles après ses derniers succès.

Ce terrible bilan, qui souligne l'ampleur du drame humain dans cette guerre dévastatrice, a été fourni vendredi 30 mai par une ONG syrienne, à quatre jours de la présidentielle controversée que le chef de l'Etat Bachar Al-Assad est assuré de remporter. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de sources civiles, médicales et militaires, "depuis le début janvier et jusqu'au 29 mai, 1 963 civils ont été tués par les barils d'explosifs et les bombes larguées par l'armée de l'air (...) dont 567 enfants et 283 femmes".

Des barils largués d'hélicoptères

Ex-capitale économique du pays meurtrie par plus de trois ans de conflit, Alep est divisée depuis juillet 2012 et les quartiers anti-régime sont la cible depuis la mi-décembre d'une offensive de l'armée avec des bombardements aériens qui se sont intensifiés en janvier. Ces raids sont souvent menés par des hélicoptères. Ils larguent des barils d'explosifs. Ces barils sont des bombes non guidées constituées de gros barils d'huile, de cylindres à gaz ou de réservoirs d'eau vidés de leurs contenus et remplis de puissants explosifs ainsi que de ferraille pour renforcer l'effet de la fragmentation.

Le recours à cette tactique a été condamné par l'ONU qui a dénoncé l'"effet dévastateur" des barils, alors que les Etats-Unis ont parlé d'actes de "barbarie". En plus de semer la mort, ils ont provoqué l'exode de plusieurs milliers de personnes et laissé la ville en ruines.