Bachar Al-Assad se dédouane des violences commises en Syrie

Dans un entretien accordé à la chaîne américaine ABC News, le président évoque "quelques erreurs commises par certains responsables".

Le président Bachar Al-Assad salue ses partisans à Al-Raqqa (Syrie), le 6 novembre 2011.
Le président Bachar Al-Assad salue ses partisans à Al-Raqqa (Syrie), le 6 novembre 2011. (SANA / AFP)

"Je suis président. Je ne suis pas propriétaire du pays. Ce ne sont pas mes forces." Alors que la répression menée par le régime syrien est accusée par l'ONU d'avoir causé 4 000 morts en neuf mois, les déclarations de Bachar Al-Assad mercredi 7 décembre à la chaîne de télévision américaine ABC News laissent un goût amer.

Interrogé sur la répression en Syrie, Bachar Al-Assad a refusé d'assumer la responsabilité des violences commises sur les manifestants. "Il y a une différence entre une répression politique délibérée et quelques erreurs commises par certains responsables. Il y a une grande différence", a-t-il déclaré.

Il a également contesté le bilan avancé par l'ONU, affirmant que la majorité des personnes tuées étaient des partisans du régime. "Qui a dit que l'ONU était une institution crédible ?" a-t-il lancé. Enfin, le président syrien a minimisé les conséquences des sanctions prises contre son pays. Ce n'est "pas quelque chose de nouveau", a-t-il déclaré.

Soit "fou", soit "coupé de la réalité"

Le président Bachar al-Assad est soit "coupé" de la réalité soit "fou",  a réagi Mark Toner, le porte-parole du département d'Etat américain, l'équivalent du ministère des affaires étrangères. "Je trouve ridicule qu'il tente de s'abriter derrière je ne sais quel jeu de bonneteau et ose affirmer qu'il n'exerce pas d'autorité dans son pays", avait-il déjà déclaré un peu plus tôt dans la journée.

De son côté, Hillary Clinton a plaidé mardi à Genève (Suisse) pour l'avènement d'un régime libre en Syrie. "Une transition démocratique ne se résume pas au renversement du régime d'Assad. Cela suppose de mettre la Syrie sur la voie de l'Etat de droit et de garantir le respect des droits universels de tous les citoyens, quels que soient leur religion, leurs origines ethniques ou leur sexe", a développé la secrétaire d'Etat américaine après avoir rencontré des membres du Conseil national syrien formé par l'opposition.

Reuters et APTN