Frappes en Syrie : "Il fallait envoyer un signal fort" même si c'est un "pari"

"Les semaines et les mois à venir" diront si "le message a été suffisant", a analysé mardi sur franceinfo le chercheur Benjamin Hautecouverture.

Les rues de Douma (Syrie), le 16 avril 2018.
Les rues de Douma (Syrie), le 16 avril 2018. (LOUAI BESHARA / AFP)

L'opération de dissuasion menée en Syrie par les Occidentaux relève du "pari", a estimé mardi 17 avril sur franceinfo Benjamin Hautecouverture, maître de recherches à la fondation pour la recherche stratégique. Les frappes françaises en Syrie ont fait l’objet d’un débat sans vote lundi au parlement. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a confirmé mardi sur franceinfo que toutes les cibles ont été détruites.

Les attaques ciblées ont-elles été suffisantes ?

Benjamin Hautecouverture : Est-ce que tous les stocks, tous les centres de recherches, toutes les capacités de production ont disparu ? Je ne peux pas le garantir à 100%. Certes, le centre de recherche détruit dans la nuit de vendredi à samedi était le principal centre de recherche. Mais d’un côté Jean-Yves Le Drian affirme qu’une bonne partie de l’arsenal a été détruite, et de l’autre, le secrétaire général de l’Otan dit que l’objectif des frappes était de réduire les capacités du régime.

Est-ce que ces frappes peuvent réellement être dissuasives ?

Il fallait envoyer un signal fort en ce qui concerne le restant de l’arsenal du régime. Mais la dissuasion, qu’elle soit conventionnelle ou nucléaire est toujours un pari. Est-ce que le message perçu a été suffisant ? Les semaines et les mois à venir le diront. Jean-Yves le Drian l’a dit, si ce n’est pas suffisant, il y aura une autre frappe.

Les inspecteurs de l'Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) peuvent-ils réellement travailler ?

Ils ne sont pas encore sur le site de Douma. Les Syriens et la Russie leur disent qu’ils ne peuvent pas accéder au site pour des raisons de sécurité. C'est un peu bizarre. Ils iront mercredi, mais qu’est-ce qu’ils vont trouver ? Si c’était du chlore utilisé le 7 avril, ils risquent de ne pas trouver grand-chose car tout sera nettoyé. Si c’est du sarin peut-être qu’ils trouveront des traces, mais on ne sait pas si ce gaz a été vraiment utilisé. Plus le temps passe, plus l’établissement des faits sera compliqué.