REPORTAGE | Dans l’hôpital fantôme de Beit Hanoun, à Gaza

VIDÉO | Les déplacés qui avaient fui leurs quartiers ou villages sous les bombes ont profité du répit observé dans les combats par l’armée israélienne et le Hamas samedi pour retourner chez eux, pour la première fois. Et ils ont pour beaucoup découvert un paysage de destruction, de désolation. Dans le quartier de Beit Hanoun, même l’hôpital a été visé et déserté.

(Visé par les obus, l'hôpital de Beit Hanoun, à Gaza, est aujourd'hui un hôpital fantôme © Radio France / Benjamin Chauvin)

20ème jour de conflit à Gaza et plus d’un millier de morts palestiniens, 47 côté israélien. Samedi, la première vraie trêve depuis le début de l’opération "Bordure protectrice" a été relativement respectée. Dans la soirée, Israël s’est dite favorable à une prolongation de 24 heures du cessez-le-feu, jusqu’à ce dimanche soir. Mais depuis, les tirs de roquettes et ripostes d’artillerie ont repris et en milieu de matinée Tsahal annonçait son intention de reprendre ses opérations militaires dans la bande de Gaza en riposte aux violations du cessez-le-feu par le Hamas.

 

Les déplacés qui avaient fui leurs quartiers ou villages sous les bombes ont profité du court répit dans les combats hier pour retourner chez eux, pour la première fois depuis plusieurs jours. Et ils ont pour beaucoup découvert un paysage de destruction, de désolation. Dans le quartier de Beit Hanoun, même l’hôpital a été visé et déserté.

REPORTAGE | Dans l’hôpital fantôme de Beit Hanoun, à Gaza - De nos envoyés spéciaux Mathilde Lemaire, Benjamin Chauvin
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Le mur d’enceinte est criblé de balles. Le haut de la façade a été avalé par un obus. On pousse la porte. Plus personne. Les médecins, les patients, tous ont fui il y a quelques heures, effrayés par les tirs. L’hôpital a été le théâtre d’affrontements entre soldats israéliens et combattants du Hamas. Des instruments renversés, des brancards abandonnés au milieu du couloir, des draps tâchés de sang, des assiettes vides et un seul bruit d’alarme. C’est l’alarme d’un placard réfrigéré contenant des poches de sangs. L’électricité a été coupée, les poches sont inutilisables.

 

A deux rues de cet hôpital fantôme, les chars israéliens stationnent. La zone reste sensible et les combats prêts à reprendre. L’hôpital de Beit Hanoun n’est pas prêt de rouvrir. Les besoins de soins ont pourtant rarement été aussi importants dans la bande de Gaza.