Quatre grands groupes pétroliers mondiaux se sont engagés à se retirer d'Iran, a annoncé Washington

Outre l'anglo-néerlandais Shell et le français Total, la décision concerne le norvégien Statoil et l'italien Eni.

Champ gazier en Iran
Champ gazier en Iran (AFP/ATTA KENARE)

Outre l'anglo-néerlandais Shell et le français Total, la décision concerne le norvégien Statoil et l'italien Eni.

"J'ai le plaisir d'annoncer que nous avons reçu des engagements de quatre entreprises énergétiques internationales qui vont mettre fin à leurs investissements et se refuser à toute nouvelle activité dans le secteur de l'énergie en Iran", a déclaré le secrétaire d'Etat adjoint James Steinberg. Par ce geste, ces entreprises sont à l'abri de sanctions de la part des Etats-Unis, a ajouté M. Steinberg.

M. Steinberg a par ailleurs indiqué, sans citer de noms, que le département d'Etat lançait des "enquêtes" visant d'autres compagnies n'ayant pas pris d'engagement semblable.

Nouvelles sanctions contre l'Iran
La loi américaine a été promulguée en juillet, en complément de la résolution 1929 de l'ONU imposant de nouvelles sanctions à l'Iran dans l'espoir de contraindre ce pays à faire la transparence sur son programme nucléaire. "L'Iran utilise les revenus de son secteur énergétique pour financer son programme nucléaire", a soutenu le n°2 du département d'Etat.

Les Etats-Unis, a-t-il par ailleurs annoncé, imposent des sanctions à la société Naftiran Intertrade (NICO), filiale basée en Suisse de la compagnie nationale pétrolière iranienne. "NICO a fourni des centaines de millions de dollars de financement à des projets pétroliers iraniens", a estimé M. Steinberg.

Les sanctions consistent essentiellement en des restrictions à l'exportation et à l'accès au crédit bancaire. L'objectif est de dissuader des entreprises de faire des affaires avec NICO. C'est la première fois qu'est concrètement mise en oeuvre la nouvelle loi américaine. M. Steinberg a affirmé que les sanctions "ont un impact de plus en plus important en Iran", notamment "dans les secteurs financiers et des transports".

Ces annonces interviennent alors que des médias nippons ont indiqué jeudi que le groupe pétrolier japonais Inpex allait se retirer du plus important gisement pétrolier iranien afin d'éviter de possibles sanctions américaines. Après un an de controverse et d'impasse, les grandes puissances et l'Iran paraissent s'acheminer vers la reprise de négociations à l'automne, par le truchement de Catherine Ashton, la représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères.