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Syrie : la communauté internationale toujours impuissante

Alors que le plan de paix, instauré en avril, n'est toujours pas appliqué, le médiateur de l'ONU et de la Ligue Arabe, Kofi Annan, a été de nouveau dépêché sur place, après le massacre de Houla. 

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Kofi Annan à Damas, le 28 mai 2012.  (LOUAI BESHARA / AFP)

 "L'ONU nous tue", lit-on sur des banderoles tenues par des habitants de Houla. La population est exaspérée par l'attitude de la communauté internationale, qu'elle accuse d'inaction. Ces nouvelles manifestations massives se sont déroulées lundi 28 mai, pour le troisième jour consécutif depuis le massacre survenu vendredi dans cette ville.

Le pays est en proie, depuis plus d'un an, à des violences quotidiennes entre l'armée du président Bachar Al-Assad et ses opposants. Après avoir tenté les mises en garde, les sanctions économiques et la pression internationale, quelles sont les options possibles pour ramener le calme dans le pays ?  

• Kofi Annan constate la non-application de son plan

Le drame de Houla, où 108 personnes ont péri vendredi, dont une cinquantaine d'enfants, marquent dans le sang le non-respect, par le régime, du plan de paix qu'avait fait ratifier en avril le médiateur de l'ONU, Kofi Annan. "C'était un acte répugnant, aux conséquences profondes", a réagi l'émissaire, "choqué et horrifié", dès son arrivée à Damas. Il doit être reçu mardi par Bachar Al-Assad. Selon son porte-parole, Kofi Annan rencontrera aussi le général Robert Mood, chef de la mission des observateurs en Syrie, ainsi que des représentants de l'opposition et de la société civile.

=> Après le massacre de Houla, Kofi Annan arrive en Syrie 

Damas dément pourtant être à l'origine de ce massacre. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé lundi que les assassins seraient des "islamistes." Pour étailler ce propos, il a indiqué que les militants se sont servis de poignards, la "signature", selon lui, des attaques menées par des islamistes. Le ministère ajoute que l'armée syrienne s'est trouvée "en état de légitime défense contre des groupes terroristes armés" comprenant plusieurs centaines d'hommes qui, dit-il, ont commis ce massacre.

• L'ONU condamne et veut sauver le plan Annan

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné, dimanche, le massacre et en a directement rendu responsable le gouvernement syrien. Le Conseil "exige" que Damas "cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes" dans les villes syriennes rebelles et qu'il "retire immédiatement ses troupes et ses armes lourdes" de ces villes pour les cantonner dans leurs casernes, conformément au plan de paix de son médiateur. 

=> Le Conseil de sécurité condamne unanimement Damas pour le massacre de Houla

 

La Russie et la Chine, deux grands alliés du régime de Bachar Al-Assad, ont d'ailleurs dû réajuster leur position : certes, les deux puissances maintiennent leur opposition à une action résolue contre Damas, mais ont consenti à signer le texte du Conseil de sécurité. La Russie et la Chine estiment que les violences sont autant le fait des militaires du régimes que des militants de l'opposition. 

"Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien. Nous soutenons le plan de Kofi Annan", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, soulignant qu'il était plus important de "mettre fin à la violence" que de "se préoccuper de qui est au pouvoir en Syrie"

=> Pékin et Moscou condamnent le massacre de Houla sans mettre en cause Damas

 

Le ministre des affaires étrangères britannique William Hague a par ailleurs indiqué à son homologue russe que l'alternative s'offrant au pays était soit "le plan Annan, (soit) un renforcement du chaos en Syrie et la descente vers une guerre civile" Il a appelé Moscou à faire davantage pression sur son allié syrien.

• Les offensives continuent et la colère gronde

Lundi, 25 personnes, en majorité des militaires, ont été tuées dans de violents combats entre l'armée et les rebelles, notamment près de Damas, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), mais aussi dans d'autres villes du pays. L'offensive des troupes gouvernementales, dimanche à Hama (centre du pays), a fait au moins 41 morts, dont sept enfants de moins de 16 ans, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

=> Plus de quarante morts dans des violences à Hama dimanche

De nouvelles manifestations massives se sont par ailleurs déroulées pour le troisième jour consécutif depuis le massacre de Houla : "Nous ne céderons pas, nous ne reculerons pas!", ont scandé les manifestants anti-régime à Habite, dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, a appelé dimanche la population à prendre les armes si la communauté internationale n'intervenait pas par la force contre le régime. La veille, l'Armée syrienne libre (ASL), composée essentiellement de déserteurs, avait averti qu'elle ne se sentirait plus liée par le plan Annan si l'ONU n'agissait pas rapidement. En 14 mois, les violences ont fait plus de 13 000 morts, dont au moins 1 881 depuis le début de la trêve il y a un mois et demi, selon l'OSDH.

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