Ce que l'on sait du réfugié irakien suspecté d'être un responsable de l'Etat islamique, arrêté dans le Calvados

Ahmed H., 33 ans, est mis en examen notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "crimes de guerre". Selon les autorités irakiennes, il aurait participé à un massacre de 1 700 personnes près de Tikrit, en 2014. L'homme, arrêté, nie totalement les faits.

Le village d\'Al-Alam, dans les faubourgs de Tikrit (Irak), repris aux jihadistes de l\'Etat islamique, le 9 mars 2015.
Le village d'Al-Alam, dans les faubourgs de Tikrit (Irak), repris aux jihadistes de l'Etat islamique, le 9 mars 2015. (YOUNIS AL-BAYATI / AFP)

Un Irakien réfugié en France et vivant dans le Calvados a été mis en examen le 9 mars et placé en détention provisoire par des juges antiterroristes parisiens. Il est soupçonné d'avoir été un cadre dirigeant de l'organisation jihadiste Etat islamique. Franceinfo a obtenu confirmation de cette information de TF1 auprès du parquet. Voici ce que l'on sait de cet homme de 33 ans, nommé Ahmed H.

Il est accusé d'avoir participé à un massacre en Irak

Selon les autorités irakiennes,  Ahmed H. aurait administré la région de Samarra pour le compte de l'Etat islamique. Il aurait surtout participé au massacre de 1 700 personnes à proximité de Tikrit en juin 2014. Dans cette zone située au nord de Bagdad, alors occupée par les jihadistes, des hommes armés avaient enlevé des centaines de recrues de l'armée irakiennes, des chiites pour la plupart. Celles-ci avaient été exécutées une par une, rappelle Le Monde. Ce massacre est connu comme celui du camp militaire de Speicher. 

Il a obtenu le statut de réfugié en France

Ahmed H. a été donné pour mort, à tort. Selon les autorités irakiennes, il a en réalité quitté le pays à la fin 2014. Bagdad a alors alerté la coalition militaire internationale et la France sur sa possible présence en Europe.

En juin 2017, Ahmed H. arrive en France. La manière dont il a rejoint l'Europe depuis l'Irak est encore floue, mais il semble qu'il soit passé par la Hongrie, puis par l'Allemagne. Ahmed H. obtient le statut de réfugié politique auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et une carte de résident de 10 ans.

Une notice rouge Interpol déclenche alors l'action des renseignements et de la justice. A partir de l'été 2017, Ahmed H. est suivi par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). Il est placé sous surveillance. Il n'a eu aucune activité terroriste depuis qu'il est sur le territoire français, selon une source de franceinfo au sein des services de renseignement. Le 6 novembre, une information judiciaire est ouverte à son encontre.

Il nie les accusations

Le 6 mars, Ahmed H. est finalement arrêté à Lisieux (Calvados), où il réside. Placé en garde à vue, il nie avoir été un ancien cadre dirigeant de l'Etat islamique. L'homme est mis en examen pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste", "association malfaiteur terroriste en vue de commettre des crimes d'atteintes aux personnes", "crimes de guerre par atteinte à la vie", "crimes de guerre par traitements inhumains et dégradants", "crimes de guerre par l'usage de moyens et de méthodes de combats prohibés et participation à un groupement formé en vue de préparer des crimes de guerre". Les autorités irakiennes ont également ouvert une procédure judiciaire à son encontre.