Cet article date de plus de neuf ans.

Nucléaire : la France dénonce une "violation grave" du droit international de l'Iran

Alors que les Iraniens ont lancé lundi des opérations d'enrichissement d'uranium dans l'usine iranienne de Fordo, les Etats-Unis redoutent eux une "escalade" des violations des obligations de l'Iran.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des techniciens dans une centre de conversion d'uranium à 420 km de Téhéran (Iran) en 2005. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

La France condamne "avec la plus grande fermeté" le lancement d'opérations d'enrichissement d'uranium dans l'usine iranienne de Fordo, a déclaré lundi 9 janvier le ministère des Affaires étrangères. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé le même jour que l'Iran avait commencé la production d'uranium enrichi à 20 % dans son site de Fordo, enfoui sous une montagne. Une annonce qui intervient alors que les relations entre Washington et Téhéran se tendent autour d'un détroit stratégique pour le transit du pétrole.

Pourquoi l'enrichissement d'uranium inquiète ?

L'uranium enrichi à moins de 20% est utilisé uniquement à des fins civiles mais si l'enrichissement est poussé à plus de 90%, il peut servir à fabriquer l'arme atomique. L'enrichissement d'uranium est au coeur du conflit opposant depuis plusieurs années l'Iran à la communauté internationale, qui craint que le programme nucléaire iranien n'ait des objectifs militaires en dépit des dénégations répétées de Téhéran. Le Conseil de sécurité a déjà voté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, pour contraindre les Iraniens à suspendre l'enrichissement.

Quelles sont les réactions ?

Pour le Quai d'Orsay, il s'agit "d'une violation supplémentaire et particulièrement grave par l'Iran du droit international, de six résolutions du Conseil de sécurité et onze résolutions adoptées par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA". "Cette nouvelle provocation ne nous laisse pas d'autre choix que de renforcer les sanctions internationales et d'adopter, avec nos partenaires européens et tous les pays volontaires, des mesures d'une ampleur et d'une sévérité sans précédent", ajoute Paris.

"Le prétexte d'utiliser de l'uranium enrichi à 20% pour faire fonctionner le réacteur de recherche de Téhéran n'est en rien crédible, compte tenu du refus persistant de l'Iran de considérer nos offres de lui fournir un tel combustible", explique le ministère des Affaires étrangères. "Enfin et surtout, l'augmentation par l'Iran de ses capacités de production d'uranium enrichi à un taux supérieur à 3,5% le rapproche sensiblement des taux propres à un usage militaire", précise le Quai d'Orsay.

De leurs côtés, les Etats-Unis ont estimé lundi que l'enrichissement d'uranium par l'Iran constituait une "nouvelle escalade" dans la confrontation avec la communauté internationale. "Nous appelons une fois de plus l'Iran à suspendre les activités d'enrichissement de l'uranium, à coopérer pleinement avec l'AIEA et à se conformer à toutes les résolutions du Conseil de sécurité" et de l'AIEA, a déclaré à des journalistes la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Proche-orient

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.