VIDEO. Y a-t-il des violences contre la police aux États-Unis, au Liban, en Belgique et au Royaume-Uni ?

Le monde en face : chaque semaine, une même actualité racontée par quatre correspondants de franceinfo. Direction Washington, Beyrouth, Bruxelles et Londres pour voir si les agressions contre les forces de l'ordre existent.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

Les images impressionnantes d'attaques aux tirs de mortiers d'artifice contre un commissariat de Champigny-sur-Marne, samedi 10 octobre, ont relancé le débat sur les violences contre les forces de l’ordre en France. Ces violences existent-elles ailleurs dans le monde ? Pour y répondre, Le monde en face vous emmène cette semaine à Washington, à Beyrouth, à Bruxelles et à Londres.

Aux États-Unis, la question des violences policières a été remise sur le devant de la scène avec la mort de George Floyd à Minneapolis. Mais il y a aussi l'inverse avec des agressions contre les policiers. Mi-septembre, un fait divers a glacé l'Amérique d'effroi : à Los Angeles, dans le quartier de Compton, un homme a ouvert le feu sur deux officiers, sans aucun motif apparent. Les deux policiers sont grièvement blessés. Et évidemment, le sujet s'impose sur le terrain politique en pleine campagne électorale, essentiellement au profit de Donald Trump.

Au Liban, les manifestations sont quasi incessantes depuis un an à Beyrouth. A fortiori depuis les explosions dans le port début août. Les manifestants ne s'en prennent pas directement à la police mais plutôt aux institutions politiques en général. Mais ce qui suscite vraiment le débat, c'est l'inverse, c’est-à-dire la répression par une partie de la police contre les manifestants. Le 8 août, certains d'entre eux ont voulu marcher sur le Parlement libanais. Les forces de l'ordre ont répliqué non seulement avec des lacrymogènes, mais aussi avec des tirs de balles en caoutchouc à bout portant. Plus grave encore, il y a eu de la part des forces de l'ordre des tirs de chevrotine, c'est-à-dire des tirs à balles réelles.

En Belgique, les agressions contre les forces de l'ordre, peu répandues jusqu'à présent dans le pays, ont augmenté de 15% ces derniers mois. À Bruxelles, le quartier des Marolles a été victime début septembre d'une soirée de violences. Les pompiers ont été appelés pour des feux de poubelles, ainsi que la police parce que des jeunes étaient en train de s'en prendre à la vitrine d'une crèche. À leur arrivée, leurs véhicules ont été pris pour cible par des jeunes : caillassage et jets de cocktails Molotov. Un cocktail a touché un véhicule de pompiers, ce qui a provoqué une vive émotion dans le pays.

Au Royaume-Uni, les attaques contre les policiers à Londres sont également en forte augmentation avec une hausse de 38% en un an. La capitale a été le théâtre de nombreuses manifestations, qui ont souvent tourné à la confrontation physique avec les forces de l'ordre. Et pendant le confinement, ceux qui ne voulaient pas respecter les restrictions sanitaires n'ont pas toujours bien accepté d'être rappelés à l'ordre. Face à cette remise en cause grandissante des forces de police, le gouvernement a allongé les peines de prison encourues en cas d'agression d'un dépositaire de l'autorité.

En résumé, les agressions contre les policiers sont aussi en augmentation ailleurs dans le monde. Mais des attaques aussi impressionnantes que celles contre le commissariat de Champigny-sur-Marne ne sont pas monnaie courante.

Violences : quand les forces de l\'ordre sont victimes.
Violences : quand les forces de l'ordre sont victimes. (SIMON GUILLEMIN / AFP / STEPHANIE BERLU / RADIOFRANCE)