L'intervention militaire internationale se poursuivait dimanche en Libye, où la zone d'exclusion aérienne semble acquise

Les forces de Kadhafi ont arrêté d'avancer vers Benghazi, le bastion des opposants, a déclaré le plus haut gradé américain, l'amiral Michael Mullen, sur la chaîne ABC.La première phase de frappes aériennes est "un succès" et a permis d'instaurer une zone d'exclusion aérienne, a-t-il ajouté.

Les insurgés de Benghazi font le V de la victoire après les frappes aériennes françaises
Les insurgés de Benghazi font le V de la victoire après les frappes aériennes françaises (AFP / Patrick BAZ)

Les forces de Kadhafi ont arrêté d'avancer vers Benghazi, le bastion des opposants, a déclaré le plus haut gradé américain, l'amiral Michael Mullen, sur la chaîne ABC.

La première phase de frappes aériennes est "un succès" et a permis d'instaurer une zone d'exclusion aérienne, a-t-il ajouté.

Les capacités de défense antiaérienne libyennes ont été "fortement endommagées" par les frappes de la coalition, permettant l'instauration "effective" de la zone d'exclusion aérienne, a renchéri dimanche en fin de journée un haut responsable du Pentagone.

Des avions britanniques sont arrivés dimanche soir sur une base italienne, et d'autres, émiratis, étaient attendus, venant s'ajouter au ballet des forces aériennes et maritimes mobilisées en Méditerranée pour participer à l'opération "Aube de l'Odyssée" en Libye.

Par ailleurs, quatre Tornado italiens ont décollé de la base aérienne de Trapani, en Sicile, dimanche soir, suivis par deux autres avions de chasse, selon l'agence Ansa, sans que leur destination soit précisée.

Dimanche, la France a engagé "plus d'une quinzaine d'appareils" dans des opérations, mais sans qu'ils aient eu à intervenir a précisé la ministère de la Défense.
"Aujourd'hui sur le terrain, là où nous agissions, il n'y a pas eu de menace contre les populations civiles", a dit pour sa part le porte-parole du ministère Laurent Teisseire.

Par ailleurs, a annoncé M. Teisseire, le Qatar a décidé de déployer "quatre avions dans la zone", des Mirage 2000-5, pour participer à l'intervention militaire de la coalition contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi.

"Ceci illustre la participation arabe à cette opération", a souligné le porte-parole du ministère, parlant d'un "point crucial".

"La France applique pleinement la résolution et uniquement la résolution" de l'ONU, a-t-il déclaré répondant implicitement au chef de la Ligue arabe, Amr Moussa. Celui-ci avait de la coalition internationale sur la Libye, estimant qu'ils s'écartaient "du but qui est d'imposer une zone d'exclusion aérienne".

Les décidée lors d'un sommet à Paris. Puis Washington et Londres ont lancé dès le début de la soirée samedi plus de 110 missiles de croisière Tomahawk depuis la mer.

Le porte-avions Charles-de-Gaulle qui doit participer aux opérations a appareillé dimanche à la mi-journée de Toulon. Il pourrait arriver au large des côtes de la Libye dans 36 à 48 heures. Il doit emporter une vingtaine d'appareils, dont une quinzaine d'avions de chasse, deux avions de contrôle aérien Hawk-Eye et des hélicoptères.

Trois bombardiers furtifs B-2 américains ont mené un raid contre une importante base aérienne libyenne, a rapporté dimanche CBS News. L'information n'a pas été confirmée de source officielle. Au même moment, le ministère de la Défense britannique annonçait le bombardement des systèmes libyens de défense anti-aérienne près de Tripoli.

Des chasseurs bombardiers britanniques Tornado ont aussi participé aux raids.

A Benghazi, le bastion des rebelles, des dizaines de véhicules militaires des forces de Kadhafi, dont des chars, ont été détruits dimanche matin par des frappes aériennes, selon l'AFP et des opposants.

Une vingtaine d'avions français sont intervenus dans la nuit sur une large zone autour de la ville, détruisant des chars et des véhicules blindés des forces loyalistes.

Des habitants qui avaient fui samedi vers Tobrouk (extrême est) en raison des pilonnages des forces de Kadhafi commençaient à revenir. Selon un dernier bilan réalisé par des sources hospitalières, les pilonnages des troupes de Kadhafi contre la rébellion ont fait plus de 90 morts entre vendredi soir et samedi.

En revanche, à Misrata, les forces de Kadhafi sont entrées au centre ville avec des chars, selon des témoins cités par Reuters, qui signalaient des combats.

Bombardements à Tripoli
Un bombardement a visé dimanche avant l'aube Tripoli, et la défense anti-aérienne libyenne y est entrée en action, selon un correspondant de l'AFP.

Un avion a survolé le secteur de la résidence-caserne de Mouammar Kadhafi à Bab al-Aziziya, dans le sud de Tripoli, selon le journaliste qui se trouvait dans un hôtel à un kilomètre de la résidence du leader libyen.

Des canons anti-aériens ont ouvert le feu, laissant des traînées rouges dans le ciel, a-t-il rapporté.

Après le lever du jour, la situation était calme dans la capitale.

Des opposants circulant sur des véhicules équipés de mitrailleuses se dirigeaient vers Ajdabiya, selon un correspondant de Reuters. Cette ville de l'est a été le siège d'intenses combats ces derniers jours entre rebelles et forces de Mouammar Kadhafi ces derniers jours.

Les autorités libyennes annoncent 64 morts
Un responsable du ministère libyen de la Santé réévalué le bilan des bombardement internationaux à 64 morts dimanche après-midi. Ce bilan n'a pas pu être vérifié de source indépendante.

Les forces armées libyennes avaient fait état dimanche matin de 48 morts et 150 blessés, dans un communiqué publié par l'agence libyenne Jana. "La plupart sont des enfants, des femmes ou des personnes âgées", selon le communiqué.

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