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L'Arabie saoudite refuse d'entrer au Conseil de sécurité de l'ONU

Riyad explique cette décision inédite par l'impuissance de cette instance à agir, notamment dans le conflit syrien.

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Le Conseil de sécurité des Nations unies, le 27 septembre 2013 à New York (Etats-Unis). (STAN HONDA / AFP)

C'est une décision sans précédent dans les annales des Nations unies. L'Arabie saoudite a refusé, vendredi 18 octobre, de faire son entrée au Conseil de sécurité de l'ONU. Pour la première fois, le royaume saoudien avait été élu jeudi, pour deux ans, membre non permanent de cette instance qui compte 15 membres, en même temps que le Tchad, le Chili, le Nigeria et la Lituanie.

Dans un communiqué publié quelques heures après l'élection, Riyad, qui soutient sans faille l'opposition syrienne, a fustigé la politique "deux poids, deux mesures" de l'institution au Proche-Orient.

Indignée par Moscou et Pékin, déçue par Washington

"L'Arabie saoudite (...) n'a pas d'autre option que de refuser de devenir membre du Conseil de sécurité jusqu'à ce que ce dernier soit réformé et qu'on lui donne les moyens d'accomplir son devoir et d'assumer ses responsabilités pour préserver la paix et la sécurité dans le monde, indique le ministère des Affaires étrangères. Permettre au régime en place en Syrie de tuer son peuple et de le brûler à l'arme chimique au vu et au su du monde entier sans sanctions dissuasives est une preuve claire de l'impuissance du Conseil de sécurité à accomplir son devoir et à assumer ses responsabilités."

Par ce geste, l'Arabie saoudite "veut exprimer son indignation face aux pays membres permanents du Conseil de sécurité", selon l'expert saoudien Abdel Aziz Al Sager, directeur du Gulf Research Center. Depuis le début de la crise syrienne en mars 2011, la Russie et la Chine se sont opposées à toute résolution condamnant le régime du président Bachar Al-Assad. "Elle veut également exprimer son malaise face à la nouvelle politique de Washington et en particulier aux positions du président Barack Obama sur l'Iran, la Syrie et le Yémen", poursuit l'expert.

La France a dit partager la "frustration" de l'Arabie saoudite, tandis que la Russie a critiqué Riyad, s'interrogeant sur les raisons "étranges" du refus saoudien. La Turquie, autre fervent soutien des rebelles syriens, a estimé pour sa part que la décision saoudienne faisait "perdre de sa crédibilité" à l'organisation.

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