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Une militante palestinienne et une journaliste d'Al Jazeera interpellées à Jérusalem

Ces arrestations ont eu lieu dans le quartier de Cheikh Jarrah, où des familles palestiniennes sont menacées d'expulsions au profit de colons israéliens.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La journaliste d'Al-Jazeera Givara Budeiri interpellée par la police israélienne dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem, le 5 juin 2021.  (FAIZ ABU RMELEH / ANADOLU AGENCY / AFP)

Elle est au cœur d'une campagne sur les réseaux sociaux pour contrer la possible éviction de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah. Mona el-Kurd, une jeune militante de 23 ans, a été interpellée à Jérusalem-Est, dimanche 6 juin, par la police israélienne, au lendemain de l'arrestation musclée sur place d'une journaliste de la chaîne qatarie Al-Jazeera.

Mona el-Kurd a été "emmenée au poste de police" à Jérusalem, a rapporté son père auprès de l'AFP, ce qui a aussitôt suscité une vague de protestations dans les milieux palestiniens et sur les réseaux sociaux. Sur les images de cette interpellation, diffusées par la famille, la jeune femme est emmenée menottée par plusieurs membres des unités des "gardes-frontières" israéliens.

Arrêtée pour "troubles à l'ordre public"

Son frère jumeau, Mohammed el-Kurd, star de la cause palestinienne avec plus de 550 000 abonnés sur Instagram et 180 000 autres sur Twitter, était absent au moment de l'interpellation, mais a reçu une convocation et s'est présenté en après-midi à un commissariat de Jérusalem-Est, partie annexée par Israël de la Ville sainte.

Nasser Odeh, l'avocat de la famille, a confirmé que la police avait arrêté Mona el-Kurd pour "troubles à l'ordre public", et notamment une participation à des "émeutes", et indiqué que son frère était toujours sous enquête. Contactée par l'AFP, la police n'a pas commenté ces interpellations dans l'immédiat.

Selon le père des deux militants, cette arrestation "fait partie d'une opération qui vise à terroriser les parents et faire taire la voix des jeunes qui se sont élevées dans le quartier".

Un hashtag pour alerter l'opinion

Mona et Mohammed el-Kurd mènent quotidiennement en anglais et en arabe une intense campagne sur les réseaux sociaux autour du mot-clé #SheikhJarrah afin d'attirer l'attention du monde sur le sort de familles palestiniennes menacées d'expulsions ou déjà expulsées de leur maison au profit de colons israéliens.

Selon la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre israélo-arabe de 1948, déclenchée à la création de l'Etat d'Israël, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur "droit de propriété". Une telle loi n'existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre ou ayant dû fuir.

Une reporter priée de ne plus couvrir le conflit

Samedi soir, la correspondante arabophone d'Al-Jazeera, Givara Budeiri, a également été interpellée et retenue plusieurs heures par la police israélienne alors qu'elle couvrait des manifestations dans ce quartier, selon un communiqué de la chaîne qatarie, qui précise que le matériel du caméraman qui l'accompagnait a été détruit.

La reporter, qui portait une veste pare-balle siglée du mot "press" au moment de son interpellation, a dit avoir été libérée à la condition de ne pas retourner dans le quartier de Cheikh Jarrah pour les 15 prochains jours. "Le ciblage systématique de nos journalistes est en violation complète des conventions internationales", a réagi l'un des patrons d'Al-Jazeera.

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