Iran : elle gifle le meurtrier de son fils, et lui évite la peine capitale

Un Iranien condamné à mort a été pardonné in extremis par la mère de la victime, échappant ainsi à la pendaison.

Un meurtier condamné à mort, giflé et pardonné par la mère de la victime, le 15 avril 2014, à Nowshahr (Iran).
Un meurtier condamné à mort, giflé et pardonné par la mère de la victime, le 15 avril 2014, à Nowshahr (Iran). (ARASH KHAMOOSHI / ISNA / AFP)

Une gifle contre un pardon. Un Iranien condamné à mort pour meurtre a échappé de justesse à la potence, mardi 15 avril, après avoir été gracié in extremis par la mère de la victime, rapporte jeudi le quotidien Shargh.

En 2007, lors d'une rixe, Balal, âgé alors de 19 ans, a donné un coup de couteau fatal à un autre jeune, Abdollah Hosseinzadeh. Sept ans après son crime, il devait être pendu mardi matin en public à Noshahr, dans le nord de l'Iran. Mais la mère de la victime a accordé son pardon alors que Balal avait la corde au cou, comme le prévoit la loi iranienne.

Selon le quotidien, la mère s'est adressée à la foule réunie pour l'éxecution, racontant qu'il était "difficile d'avoir une maison vide" d'enfants alors que quatre ans plus tôt, elle avait perdu un autre fils dans un accident de la route. Elle a ensuite giflé le condamné, avant de retirer la corde nouée au cou du condamné.

"Je te punis pour le malheur que tu m'as fait"

"Le meurtrier pleurait, raconte la mère au journal. Il a demandé pardon. Je l'ai giflé, ce qui m'a calmé. J'ai dit : 'Je te punis pour le malheur que tu m'as fait'. Les gens ont applaudi, certains pleuraient. Je suis croyante. La veille de la sentence, j'ai rêvé de mon fils. 'Je suis bien là où je suis et je suis calme', m'a-t-il dit. Tout le monde, ma famille et mes amis, faisait pression pour que j'accorde mon pardon."

"Cette gifle était ce qui séparait le pardon de la potence (...). Dommage que personne ne m'ait giflé" au moment de porter le coup fatal à Abdollah Hosseinzadeh, a pour sa part déclaré le condamné.

La grâce de Balal est intervenue après une campagne de mobilisation d'artistes et de sportifs connus, comme l'ancien footballeur international Ali Daei. Adel Ferdossipour, présentateur de la très populaire émission TV "90", consacrée au football, avait aussi demandé en direct au père de la victime, un ancien joueur professionnel, d'accorder son pardon. Une campagne médiatique rare en Iran, où plus de 170 personnes, dont au moins deux femmes, ont été exécutées depuis le début de l'année, selon l'ONU.